Français, quadragénaire, sans emploi : le portrait-robot du forcené

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Français, quadragénaire, sans emploi : le portrait-robot du forcené
Les hommes du Raid lors d'une intervention à Nice en Avril dernier. @ AFP
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STATISTIQUES - L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dresse le tableau des 330 "situations de crises" intervenues en France entre 2010 et 2013. 

Un homme autour de la quarantaine, souvent sans emploi, reclus avec une arme et souvent sous l'emprise d'alcool : voilà à quoi ressemble, d'un point de vue statistique, le "portrait-robot" du forcené. C'est ce qui émerge d'une étude menée par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), portant sur les 330 "situations de crise" intervenues en France entre 2010 et 2013, ayant nécessité une intervention d'une unité spéciale de police ou de gendarmerie, les BRI, GIPN, Raid, PI2G ou GIGN.

Français, quadragénaire, sans emploi et en détresse.  Selon l'ONDRP, dans 98% des cas, les auteurs sont des hommes, généralement de nationalité française (74%) avec un âge moyen de 41 ans. Sur les 355 "forcenés" des 330 crises, seules six femmes ont été recensées. Quand la situation socio-professionnelle des auteurs est connu le forcené ou preneur d'otages était sans emploi dans 58% des cas, note l'ONDRP.

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© ONDRP

Des individus qui se trouvaient généralement en situation de détresse psychologique (24%) ou de  "trouble psychique qui altère ou abolit le discernement" (23%). "A contrario, les deux types de situations de crise les plus médiatisées, celles ayant pour origine une action criminelle et celles qui ont pour origine une revendication idéologique (politique ou religieuse) ne représentent que 20% de l'ensemble des situations", souligne l'étude.

Presque toujours armés, sous l'emprise de l'alcool pour 66%. Tousse sont déclarés armés, ce qui était réellement le cas dans 88% des cas, généralement avec au moins une arme à feu (60,4%). Quatre forcenés ou preneurs d'otages sur dix étaient également "intoxiqués", soit par l'alcool (66%), les stupéfiants (18%) ou les deux (16%).

En semaine et en journée, plutôt en été. Les statistiques permettent également de connaitre plus précisément le timing de ce type de faits. Ainsi, ces événements ont débuté généralement en semaine, durant la journée (64,2%) et dans près d'un tiers des cas (32%), durant les mois de juin, juillet et novembre.  

Une personne retenue dans 20% des cas. Plus des trois-quarts de ces "situations de crise" sont des "situations de forcenés retranchés" seuls : avec 257 cas, elles représentent 78,2% des interventions.

L'étude sépare par ailleurs les prises d'otages et les "situations de forcenés avec rétention de personnes". Dans le premier cas, le forcené retient un ou plusieurs individu à dessein : commettre un crime, obtenir une réponse à une revendication ou couvrir sa fuite. Dans le second cas, la personne est certes retenue de force, mais cette rétention n'a pas de but utilitaire. Ainsi, les "situations de forcenés avec rétention de personnes" représentent 11,8% des interventions avec 40 cas, quand les prises d'otages qui ont causé 33 interventions, représentent une part de 10%.

51% des victimes sont des femmes. 122 personnes personnes ont subi une des 73 situations de rétention ou de prise d'otages. Il s'agit majoritairement de femmes (51%), plus jeunes que leurs ravisseurs (âge moyen: 23 ans). Dans les cas de forcenés, elles ont toujours un lien familial, conjugal ou de connaissance avec l'auteur. Pour les prises d'otages, elles ne le connaissent généralement pas (56,9%).

Près d'un tiers de ces situations a été résolu par une reddition volontaire (31,2%), 58% par un assaut et 10% se sont terminées par un suicide ou une tentative de suicide.