Financement du FN : Wallerand de Saint-Just mis en examen

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Financement du FN : Wallerand de Saint-Just mis en examen
@ MIGUEL MEDINA / AFP
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Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, a été mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire du financement du parti frontiste. 

Le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, a été mis en examen lundi pour recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire du financement du parti. Tête de liste du FN aux régionales en Ile-de-France, il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour le délit de complicité d'escroquerie au préjudice de l'Etat lors des législatives de 2012. Dans ce volet initial de l'affaire, les juges d'instruction soupçonnent le FN, qui a été mis en examen le 9 septembre, le micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, et le principal imprimeur du mouvement, Riwal, d'avoir mis en place un système d'enrichissement frauduleux avec de l'argent public.

Soupçons sur un financement illégal du FN. Selon le scénario des enquêteurs, Riwal aurait surfacturé les prix de kits de campagne (tracts, affiches) vendus aux candidats, dont les dépenses ont été ensuite remboursées par l'Etat comme le prévoit la loi au-delà de l'obtention de 5% des suffrages exprimés. Ce scenario qui fonde les mises en examen pour escroquerie est totalement réfuté par le FN. Les juges soupçonnent également un financement illégal du FN et de Jeanne par Riwal, via d'importantes facilités de paiement, la prise en charge d'employés, de salaires, de matériel et de locaux.

Un vide législatif. L'enquête sur le financement du FN a cependant été fragilisée par un vide législatif. En effet, le parti était soupçonné d'avoir accepté un financement provenant d'une personne morale, mais ce délit n'est plus puni par la loi. Cette faille avait échappé au législateur, au parquet de Paris et aux juges d'instruction. "Comment le procureur de la République a-t-il pu commettre une erreur aussi grossière ?", s'est indigné Wallerand de Saint-Just, qui a assigné l'Etat pour "cette faute inqualifiable" et réclame 200.000 euros de dommages et intérêts. Face à ce vide juridique, le ministère public a demandé en juin aux magistrats de mettre en examen le FN pour d'autres délits présumés : recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroqueries.