Fessenheim : pas "d'enjeu de sûreté"

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Fessenheim : pas "d'enjeu de sûreté"
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Un dégagement de vapeur d’eau brûlante a blessé légèrement deux salariés mercredi.

Un dégagement de vapeur d’eau brûlante a blessé légèrement mercredi deux salariés travaillant sur le site de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, la plus ancienne des centrales nucléaires françaises. D'autres employés ont été incommodés, selon les informations recueillies par Europe 1. Au total, une cinquantaine de pompiers ont été déployés sur le site.

Pas de fuite de produits radioactifs

Les deux salariés blessés menaient une opération de maintenance dans un bâtiment annexe au réacteur numéro 1.L'incident s'est produit non pas dans "les bâtiments réaxteurs", mais dans un "bâtiment des auxiliaires nucléaires, un bâtiment qui est commun aux deux réacteurs", selon le directeur de la centrale, Thierry Rosso, interrogé par Europe 1.

A l’origine de leurs blessures, le dégagement de vapeur d’eau oxygénée se serait produit "suite à l’injection de peroxyde d’hydrogène dans un réservoir", précise à Europe 1 la préfecture du Haut-Rhin. "Cette eau oxygénée a été déversée dans une bâche, un réservoir, a créé une montée de température, une ébullition. Deux salariés ont reçu de l'eau oxygénée sur les doigts, c'est une irritation de l'index", précise Thierry Rosso. Les deux salariés ont été touchés aux mains même s'ils portaient des gants. Huit autres salariés, contrôlés par les médecins, se "portent bien".

"Pas de départ d'incendie"

"Il n'y a pas de départ d'incendie", a tenu à préciser de son côté une porte-parole de l'opérateur EDF. Mais l'incident a provoqué le déclenchement d'une alarme incendie et l'évacuation automatique des lieux. La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, "s'est immédiatement entretenue avec l'Autorité de sûreté nucléaire qui lui a confirmé que cet incident est sans enjeu de sûreté". En clair, il n'y a pas eu de fuite de produits radioactifs.

"Mais la maintenance est faite de plus en plus mal, de plus en plus à la va-vite, la culture de sûreté n’existe plus réellement à Fessenheim. Je ne suis malheureusement pas surpris. Depuis le 8 mars, on a compté 23 incidents dans cette centrale tous mineurs bien sûr, la routine s’est tellement installée qu’on ne fait plus attention", a décrypté sur Europe 1 Jean-Marie Brom, chercheur au CNRS et porte-parole du Réseau sortir du nucléaire.

Fessenheim, la plus ancienne de nos centrales

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc électronucléaire français, doit être fermée d'ici 2017 selon une promesse faite aux écologistes par François Hollande lors de la campagne de l'élection présidentielle.

Et après cet incident, le débat sur la fermeture de Fessenheim a été immédiatement relancé. Ça "rappelle à tout le monde, à tous ceux qui croyaient qu'avec le nucléaire il n'y avait pas de problème de sécurité, qu'il y a toujours un danger", a réagi François de Rugy, co-président du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. "Quoi qu'il arrive, nous souhaitons un calendrier (de fermeture de Fessenheim) et au-delà, il faut un audit transparent et pluraliste des centrales nucléaires qui puisse juger de nos installations, à commencer par les plus anciennes", a-t-il ajouté.

"J'attends la plus grande transparence. Et le calendrier de fermeture", a lancé de son côté l'ex-candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly sur Twitter.



Autre conséquence de cet incident : l'action EDF s'est retournée à la baisse mercredi en fin de séance.