Féria : 7g d'alcool par litre de sang

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Féria : 7g d'alcool par litre de sang
Un homme hospitalisé dans la nuit de lundi à mardi après une chute lors de la Feria de Béziers affichait un taux d'alcoolémie de 7 grammes d'alcool par litre de sang.@ BEP/PIERRE SALIBA/LE MIDI LIBRE/MAXPPP
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Un homme s'est retrouvé dans le coma après avoir bu 0,7 litre de pastis et chuté dans une bodega.

De l'avis de connaisseur, c'est un record. "C'est la première fois dans ma carrière que je vois un tel taux, on peut décéder avec 5 grammes d'alcool par litre de sang", avoue l'officier des pompiers de l'Hérault qui commandait le poste médical avancé. Un homme de 19 ans, hospitalisé en urgence dans la nuit de lundi à mardi pour un traumatisme crânien après une chute lors de la Feria de Béziers, affichait un taux d'alcoolémie de 7 grammes d'alcool par litre de sang.

"Sa chute serait liée à un coma éthylique", précise l'officier, qui n'en revient toujours pas. "La victime, ivre morte, avait ingurgité 700 millilitres de pastis", renseigne, de son côté, l'état-major de la Sécurité publique du département, qui se base sur le témoignage du groupe d'amis qui l'accompagnait et les serveurs de la bodega. Selon cette source, le jeune homme se trouvait toujours mardi en soins intensifs et n'avait pas repris connaissance.

33 rixes dont une mortelle

L'incident relance une énième fois le débat sur les férias, qui revient en force sur le devant de la scène cet été. Les bodegas de Béziers - lieu où les participants aux férias se rassemblent pour danser, discuter et boire – sont cette année le théâtre du phénomène du "binge drinking" ou "biture express", ou encore "alcool défonce à gogo", qui consiste à ingurgiter la plus grande quantité d'alcool en un court laps de temps, avec de nombreuses intoxications alcooliques aiguës.

Le phénomène touche également les consommateurs de stupéfiants qui se livrent à des "drogues défonce à gogo". Ainsi, dans la nuit de lundi à mardi, 22 consommateurs de cannabis, cocaïne et ecstasy, pris de malaise après avoir participé à une telle soirée ont été amenés au poste médical avancé de la Feria de Béziers, puis hospitalisés, selon les pompiers. Depuis le début de la Feria, vendredi 10 août, 33 rixes ont été enregistrées, dont une mortelle.

"Regarder ce qui se passe dans cette ville"

Mais la question de ces fêtes semble diviser, éternellement, comme en témoignent les nombreux commentaires, favorables ou non, sur les réseaux sociaux ou les sites d'informations locale. "Tous les ans, on remet ça : sono à fond, buvette avec alcool à volonté, le tout pendant des saisons estivales qui sont de plus en plus chaudes et où les touristes affluent de plus en plus nombreux. Reste plus qu'à attendre les bagarres, inévitables !", regrette ainsi "janvier" sur MidiLibre.fr.

"Et il n'y a pas de bagarre toute l'année a Montpellier ? Ni d'agressions en centre-ville ? Avant de traiter la feria de beuverie (qui ne dure que 4 jours), il faut regarder ce qui se passe dans cette ville et dans les universités, et cela toute l'année avant de donner des leçons aux autres", rétorque  Clovisxv.





Midi Libre dresse quant à lui une liste d'une dizaine de drames mortels qui ont endeuillé les villages de l'Hérault depuis 1990, lors des diverses fêtes. En précisant que cela concernait toutes les fêtes, et pas seulement la Féria.

"Satisfaction" ou "miracle" ?

"Le nombre d'incident est infinitésimal à la Féria de Béziers. Au regard du million de visiteurs et une population qui n’est pas toujours dans un état normal, c’est une véritable satisfaction", se réjouissait  d'ailleurs l'été dernier le sous-préfet local de l'époque, Philippe Chopin, après la mort d'un homme lors de la fête.

Le maire actuel de Béziers, lui, se montre moins optimiste. Et parle de "miracle" plus que de "satisfaction". "Il y a chaque année des morts dans les fêtes de villages et ce type de faits est malheureusement devenu assez courant : des morts, des bagarres, des blessés. Pour moi, c’était quasiment un miracle qu’il n’y ait jamais eu le moindre incident de cette gravité depuis que la Feria existe", réagit Raymond Couderc dans le quotidien local.

Selon le maire de la ville, il ne s'agit pas pour autant de mettre fin à la Féria. "Continuons la fête sans dépasser les limites, conclut-il. Qu’on sache s’amuser en étant responsable et en ne franchissant pas les limites et tout ira bien."