Deux Chinoises accusées d'escroquerie par "le souffle du diable"

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Deux Chinoises accusées d'escroquerie par "le souffle du diable"
@ AFP
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Deux femmes chinoises sont soupçonnées d'avoir escroqué une dizaine de victimes, leur dérobant parfois jusqu'à 100.000 euros. Elles pourraient leur avoir fait inhaler ou ingérer un produit les ayant hypnotisées.

Escroquerie rime-t-il avec sorcellerie ? C'est la question que se posent les enquêteurs du 2e district de la police judiciaire parisienne (DPJ), après avoir mis au jour une escroquerie d'ampleur, en juillet dernier, dans l'est de Paris, notamment dans le 19e arrondissement. Deux Chinoises soupçonnées d'avoir piégé et volé une dizaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire, a révélé Le Parisien. Mais une zone d'ombre demeure dans le procédé utilisé par les suspectes pour voler leurs victimes : les ont-elles envoutées avec "le souffle du diable", une drogue aux effets hypnotiques ?

Où est le "Dr Wang ?" Outre cet élément, le mode opératoire des deux suspectes était somme toute assez classique en matière d'escroquerie. Une première femme interpellait un passant en faisant mine de chercher un certain "Dr Wang". Sa complice arrivait alors et s’immisçait dans la conversation, en affirmant connaître l'adresse du fameux docteur. Puis, les femmes auraient eu l'habitude d'emmener leur cible dans un café, rapporte une source proche de l'enquête. Peu après, les victimes perdaient tout souvenir.

De la sorcellerie ? Si les enquêteurs n'ont aucune certitude concernant l'usage de substances ou de drogues, selon nos informations, toutes les victimes évoquent "un trou noir" et parlent d'"un comportement bizarre", confie une source proche du dossier. C'est en profitant de cet état hypnotique que les deux femmes pillaient ensuite le domicile de leurs victimes.

Jusqu'à 100.000 euros volés. Un manège qui s'est avéré très lucratif, jusqu'à 100.000 euros pour une seule victime. D'après nos informations, cette arnaque bien rodée en aurait fait une dizaine, appartenant toutes à la communauté chinoise. L'une d'elles, une Chinoise de 54 ans, a porté plainte après s'être fait délester de ses bijoux en or, de montres et de colliers en perles.

Un mini-labo. Lors de leurs perquisitions, les enquêteurs ont découvert une sorte de mini-laboratoire. Celui-ci aurait pu servir à fabriquer la substance qu'ont pu respirer ou ingurgiter les victimes. Mais si la thèse de l'ingestion ou de l'inhalation est plausible pour les enquêteurs, il n'existe pour l'instant "aucune confirmation scientifique", indique une source proche du dossier. L'analyse des produits est toujours en cours.

Trois gardes à vues. Agées de 42 et 59 ans, les deux Chinoises ont été placées en garde à vue début juillet par le 2e DPJ, en charge des arrondissements de l'est parisien. Un troisième homme de nationalité chinoise, qui vivait avec les deux suspectes, a lui aussi été interpellé.