Équipés de caméras, les policiers ont la paix

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Équipés de caméras, les policiers ont la paix
@ PHOTOPQR/L''EST REPUBLICAIN
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INNOVATION - Une police municipale s’est équipée cet été de caméras portatives : les incivilités et outrage ont chuté.

Faire l’objet d’un contrôle des forces de l’ordre n’est jamais un moment de plaisir, et pas que pour les personnes interrogées : les policiers aussi doivent faire face à des réactions parfois excessives. La police municipale de Rillieux-la-Pape, en banlieue lyonnaise, a donc testé une solution pour apaiser ces rencontres : s’équiper de caméras portatives. Effet garanti, tant pour les agents que pour les citoyens.

"Je vous informe que le contrôle est filmé". Depuis cet été, toutes les patrouilles des motards de la police municipale sont filmées. Ainsi, lorsqu’ils interceptent un contrevenant roulant à vélo en contre-sens, c’est avec une petite caméra harnachée à la veste. "Je vous informe que le contrôle est filmé", annonce d’emblée l’agent. Le cycliste écopera d’un simple rappel à la loi mais il se félicite de cette initiative : "Vous ne pourrez pas dire que je mens ou je ne pourrai pas dire que vous mentez. Avec les caméras, vous avez tout filmé : ce qu’on a dit, les gestes, ce que j’ai fait. Pour moi, c’est quelque chose de super".

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camera gopro

La vidéo, un juge de paix. Un peu plus loin, un automobiliste se fait pincer, téléphone au volant. "Le motif du contrôle, c’est la tenue en main du téléphone portable lors de la circulation du véhicule", lui annonce le fonctionnaire. "Je l’ai éteint pour le poser", réplique le conducteur, s’attirant la réponse suivante de l’agent : "vous l’aviez à l’oreille, monsieur. En plus c’est sur la caméra". "Je conteste l’infraction, je ne téléphonais pas", poursuit l’automobiliste, avant de préciser qu’il a demandé à voir la vidéo. "C’est bien parce qu’on peut justement contester", se réjouit-il, sûr de son fait.

Effet immédiat : incivilités et outrages en chute de 70%. En cas de contestation, le film vidéo sera conservé. Sinon, il s’auto-détruit au bout de 48 heures. Cet été, cette expérimentation a permis, selon la mairie, de faite chuter les incivilités et outrages à agent de 70%. Pour un coût global de 4.000 euros.

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Des enregistrements illégaux ? La mairie se félicite donc de cette expérimentation et a déjà installé une autre caméra à l'intérieur des deux voitures de police de la ville, afin d'avoir des images "en cas de débordement". Sauf que tout ceci n'est pas vraiment encadré par la loi. "Cette pratique n'est pas sans soulever certaines questions", prévient la commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), interrogée par Europe 1. Avant d'ajouter :"La vidéoprotection est encadrée par le code de sécurité intérieure, qui concerne d'habitude des caméras fixes, et pas les caméras portatives". La Cnil, qui possède un pouvoir de contrôle a posteriori, assure par ailleurs ne pas avoir assez de détails sur la mesure pour s'assurer que celle-ci soit bien légale. Face au succès de cette expérimentation, la question risque de lui être très vite posée.