Enfants égorgés : "pas de préméditation"

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Enfants égorgés : "pas de préméditation"
Les corps de la fillette de cinq ans et de son frère de dix ans ont été découverts dans l'appartement du père, à Saint-Priest, dans la banlieue sud-est de Lyon.@ MAXPPP
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Le parquet a indiqué lundi qu'il n'envisageait pas "en l'état" de retenir la "préméditation".

L'info. Il a avoué être l'auteur des faits. Un homme de 48 ans a reconnu dimanche soir avoir égorgé ses deux enfants de 5 et 10 ans près de Lyon dans son appartement de Saint-Priest, dans la banlieue sud-est de Lyon. L'homme, d'origine britannique, vivait un divorce difficile. Il a "reconnu les faits et en être l'auteur, mais il n'est pas rentré dans les détails du mobile", a précisé une source proche de l'enquête.

Un drame a priori pas prémédité. Le parquet de Lyon a indiqué lundi qu'il n'envisageait pas "en l'état" de retenir la "préméditation" dans la mise en examen du père. "En l'état, la préméditation n'est pas retenue, mais on a toujours la possibilité de changer en regardant les procès verbaux d'audition, la qualification d'homicides volontaires sur mineures est provisoire", a précisé le parquet. Le Britannique devait être déféré lundi après-midi au parquet, qui a requis son placement en détention.

L'alerte donnée par son ex-femme. Selon plusieurs témoignages, l'homme avait pris la fuite à rollers après que son ex-femme l'eut croisé dans les escaliers les vêtements tachés de sang. Celle-ci avait aussitôt alerté la police, déclenchant immédiatement les recherches. Les corps de la fillette de cinq ans et de son frère de dix ans avaient été découverts samedi en fin d'après-midi. Un couteau, "qui pourrait être l'arme" utilisée pour les meurtres, a été retrouvé sur place, selon une source judiciaire. Le père avait été interpellé dans le 8ème arrondissement de Lyon dans la soirée et placé en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale, chargée de l'enquête.

Au chômage et "porté sur l'alcool". Selon le témoignage d'un ancien voisin, Ahmed Benguedda, le couple avait divorcé "il y a deux ou trois ans", parce que le mari, "un peu porté sur l'alcool", avait "porté la main sur elle". La mère, aide-comptable, avait eu la garde des enfants et était partie vivre en Isère, tandis que le père, au chômage, continuait à habiter l'appartement acheté par le couple et qu'il refusait de vendre, toujours selon la même source. Après l'épisode de violence sur son épouse en 2010, qui avait entraîné la restriction de son droit de visite, c'était "la première fois" ce week-end qu'il pouvait recevoir ses enfants chez lui sans la présence d'un tiers.

Le voisinage choqué. "Les gens de cette copropriété sont tous en état de choc", a déclaré cet ancien voisin qui s'est rendu sur place dimanche matin. Une enveloppe kraft avec la mention "homicides" barre la porte de l'appartement, au deuxième étage de l'immeuble.