Elle perd son enfant en accouchant sur l'A20

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Elle perd son enfant en accouchant sur l'A20
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En route pour la maternité de Brive, elle a été contrainte d'accoucher sur l'autoroute, vendredi.

Une mère a perdu vendredi son enfant en le mettant au monde dans sa voiture sur l'autoroute A20. La jeune femme, enceinte de 7 mois, faisait route vers une maternité de Brive, faute de maternité dans le nord du département du Lot où elle réside, a-t-on appris de sources concordantes. Les pompiers ont constaté la mort du nouveau né peu après midi.

La jeune femme, accompagnée de son compagnon, avait pris la direction de Brive, soit un trajet d'un peu plus d'une heure, sur les conseils de son gynécologue qu'elle avait consulté peu avant à Figeac, au nord-est du département.

Quatre maternités à une heure de route

Pour un médecin lotois, ce drame pose la question du manque de maternités dans le Lot. Ce département de 170.000 habitants ne compte qu'une maternité à Cahors, depuis la fermeture en 2009 de celle de Figeac et de celle de Gourdon quelques années plus tôt.

"C'est quelque chose qui devait arriver", déplore sur Europe 1 Patrice Natens, secrétaire général de la CGT Lot. "Cela fait un moment qu'on tire la sonnette d'alarme. Actuellement, sur le département du Lot, il ne reste plus que l'hôpital de Cahors. Pour certaines personnes qui habitent au centre du département, cela peut causer certains soucis", ajoute-t-il.

"Pas la première fois que ça arrive"

La Dépêche souligne que la jeune femme avait quatre destinations possibles pour accoucher : Brive, donc, mais aussi Cahors, Villefranche-de-Rouergue et Decazeville, quatre villes situées à une heure de chez elle, alors qu'en moyenne, les Français disposent d'une maternité à 17 minutes de leur domicile.

"Ce n'est pas la première fois que cela arrive, un accouchement sur le bord d'une route. C'est assez fréquent sur le département et on se félicite quand ça se passe bien. Mais quand ça se passe mal, on a des conséquences graves pour les familles", souligne Patrice Natens.

La désertification médicale en cause ?

Selon une étude publiée ce mois-ci par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), le Lot se classe parmi les huit départements dans lesquels "plus de la moitié des femmes accouchent à une demi-heure ou plus de leur domicile alors que moins de 15% sont dans ce cas en Île-de-France et dans le département du Nord".

Lors de la fermeture de la maternité de Figeac en 2009, de nombreux médecins et agents hospitaliers du Lot avaient alerté contre les risques liés à la désertification médicale. Le président socialiste du Conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a demandé l'ouverture d'une enquête sur "les circonstances dans lesquelles le drame s'est produit".

Le président François Hollande a lui aussi demandé une enquête administrative pour connaître les circonstances de la mort du nouveau-né, une petite fille, qui devait être le premier enfant du couple. "Le drame (...) nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical", a déclaré le chef de l'Etat à Nice.