Les drones peuvent-ils menacer nos centrales nucléaires ?

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Les drones peuvent-ils menacer nos centrales nucléaires ?
La centrale du Bugey, dans l'Ain, avait notamment été survolée quatre fois en trois semaines.@ Reuters
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SÉCURITÉ - Une étude commandée par Greenpeace révèle la fragilité des centrales nucléaires françaises face aux survols de drones. Europe 1 vous décrypte ce rapport explosif.

Les centrales nucléaires sont-elles armées pour faire face aux scénarios d'attaques commises par des drones ? Non, a tranché un expert britannique indépendant, John Large, mandaté par Greenpeace.

Au contraire : selon son rapport remis lundi aux parlementaires français, les centrales sont jugées très vulnérables face à ces survols qui se multiplient. Depuis deux mois, dix-neuf sites ont été survolés une trentaine de fois, sans que le mystère planant sur l’identité des auteurs ne soit levé.

Face à ces appareils qui n’existaient pas lorsque les centrales ont été construites, rien n’a été prévu. D’autant que ces drones, de plus en plus sophistiqués, sont difficilement détectables. Ce qui pose problème : les plus gros modèles pourraient transporter des explosifs, et servir à une attaque terroriste.

Il s'agit précisément d'un des scénarios avancé par l'expert britannique John Large. “Certains de ces drones peuvent transporter jusqu’à douze ou quinze kilos”, explique l’expert indépendant. “Imaginez un complice à l’intérieur de la centrale, et bien le drone pourrait entrer avec des armes ou du gaz sarin par exemple pour neutraliser les agents. Ce scénario n’est pas de la pure imagination; cela peut tout à faire être une réalité”, poursuit John Large.

"Nous sommes face à un enjeu de sécurité extrêmement important", avait réagi sur Europe 1 Yannick Rousselet, en charge du nucléaire à Greenpeace.

Ce dernier refuse de donner davantage de détails pour ne pas inspirer des personnes mal intentionnées. Mais selon les quatre plans d’attaques imaginés par l’expert, à chaque fois, "si ces scénarios s'étaient déroulés dans la réalité, il y aurait eu un risque de rejet radioactif majeur", a-t-il prévenu. Un rapport très sensible, que Greenpeace n’a d’ailleurs pas souhaité rendre public.