Double meurtre de Montigny-lès-Metz : une expertise médicale de Francis Heaulme demandée

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Double meurtre de Montigny-lès-Metz : une expertise médicale de Francis Heaulme demandée
Trente ans après les meurtres de deux enfants en Moselle, les familles espèrent que le procès de Francis Heaulme (à gauche) aura enfin lieu.
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Le principal suspect du meurtre de deux enfants en Moselle en 1986 souffrirait de "pathologies graves", selon son avocat.

Une expertise médicale de Francis Heaulme, principal suspect du meurtre de deux enfants en 1986 à Montigny-lès-Metz, en Moselle, a été demandée selon une annonce de Me Thierry Moser, avocat d'une des deux familles, alors qu'un procès pourrait se tenir en 2017.

"Francis Heaulme souffre de pathologies graves". "J'ai déposé en fin de semaine dernière une demande d'expertise médicale", a déclaré l'avocat des parents d'Alexandre Beckrich, confirmant une information du Républicain lorrain. "Je tiens absolument à ce que ce procès se tienne enfin. Donc, il s'agit de savoir si Heaulme est valide ou pas", a-t-il ajouté. Sa demande fait suite à des déclarations de l'avocate de Francis Heaulme, Liliane Glock, selon lesquelles son client serait au plus mal, après deux infarctus. "Il souffre aussi de pathologies graves", a expliqué Me Glock. "Je ne suis pas sûre qu'il soit en état de passer plusieurs semaines dans un box."

L'espoir des familles. Plus de 30 ans après les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, le 28 septembre 1986 sur un talus SNCF de Montigny-lès-Metz (Moselle), et 14 ans après l'acquittement de Patrick Dils, condamné à perpétuité en 1989 avant d'être blanchi, les familles espèrent que le procès de Francis Heaulme aura enfin lieu. Sa présence à proximité du lieu du crime le jour du meurtre avait été un élément clef de l'acquittement de Patrick Dils, et un premier "procès Heaulme" s'était ouvert en 2014. Mais il avait été ajourné dès le deuxième jour après des témoignages de dernière minute incriminant un ex-manutentionnaire, Henri Leclaire.

Un dossier vieux de 30 ans. En juillet dernier, après de nouvelles investigations, la chambre de l'instruction de Metz a décidé de ne pas renvoyer Henri Leclaire devant les assises. Une des parties civiles a fait appel de cette décision. Désormais, le dossier est entre les mains de la Cour de cassation, qui doit l'étudier le 17 février et, espèrent les familles, rendre une décision rapidement. Le temps presse, entre autres, parce que le président de la cour d'assises de la Moselle, Gabriel Steffanus, quittera ses fonctions au début de l'été 2017. "Il connaît très bien le dossier, le possède parfaitement bien. Donc, il faut espérer que la Cour de cassation statue le plus vite possible", a expliqué Me Moser.

L'avocat espère, si la Cour de cassation confirme la décision des juges d'instruction, qu'il sera possible d'organiser le procès "dans la foulée, parce que si ce n'est pas M. Steffanus qui préside, il faudra qu'un autre magistrat se plonge dans ce dossier long et compliqué". Retardant, encore, l'épilogue de ce dossier vieux de plus de 30 ans.