Dix ans de prison pour avoir poussé une femme vers le bord du quai du RER

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En 2015, un homme de 39 ans, atteint de schizophrénie avait poussé une femme sur le quai du RER à Rosny-sous-Bois.

Il avait poussé vers le bord du quai du RER une voyageuse, rattrapée in extremis par une amie juste avant de basculer sur les rails: un homme de 39 ans, atteint de schizophrénie, a été condamné mercredi par les assises de la Seine-Saint-Denis à dix ans de réclusion.

Le 2 février 2015 au matin, cet homme déjà condamné pour complicité de tentative d'assassinat s'était approché de deux femmes qui attendaient sur le quai du RER à Rosny-sous-Bois. Avant de pousser l'une d'entre elles vers le bord du quai, il lui avait lancé : "Je n'ai pas le choix. Même si je dois aller en prison... Pourquoi les femmes rigolent ? Faut pas rigoler". Sans l'intervention de son amie, la victime serait probablement tombée sur les rails et passée sous le train qui entrait alors en gare.

Un geste "volontaire et réfléchi". Dénonçant "une haine des femmes" chez l'accusé, l'avocate générale avait requis 15 ans de prison et estimé que son geste était "volontaire et réfléchi". "Il a pris la peine de regarder sur l'écran que le train allait arriver", a-t-elle rappelé. Compte tenu de sa "dangerosité" - radicalisé en prison, l'homme avait promis "un carnage" à sa sortie -, la représentante de l'accusation avait réclamé sept ans de suivi judiciaire avec injonction de soin. La cour lui en a infligé cinq.

"Je suis schizophrène, je ne voulais pas la tuer". Durant ses deux jours de procès, l'accusé, crâne dégarni, collier de barbe et lunettes épaisses, est apparu éteint. Dans le box vitré et grillagé, encadré de trois infirmiers psychiatriques en blouse blanche, il s'est défendu, l'élocution ralentie par les médicaments : "Je suis schizophrène", "je ne voulais pas la tuer". Ce "quasi-SDF", célibataire et sans emploi, a raconté avoir été victime d'une "hallucination auditive". Il soutient avoir seulement bousculé la victime parce qu'il était persuadé que les deux femmes "se moquaient" de lui.

Diagnostiqué en 2005. Pour les experts, son discernement était altéré au moment des faits, mais il est pénalement responsable. Grand consommateur de cannabis, l'homme a été diagnostiqué en 2005 et a fait l'objet de cinq mesures d'hospitalisation sous contrainte mais n'a jamais "pris conscience de la nécessité d'un traitement psychiatrique au long cours", a souligné l'un d'entre eux lors de l'audience. Depuis les faits, sa victime, une bibliothécaire de 50 ans, a raconté avoir "du mal à dormir" et être devenue "méfiante" dans les transports en commun.