Disparition de Mathis : 20 ans de prison requis contre son père

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 Disparition de Mathis : 20 ans de prison requis contre son père
Sylvain Jouanneau, le père de Mathis, disparu en 2011.@ AFP
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Vingt ans de réclusion ont été requis jeudi aux assises à Caen contre ce père de famille âgé de 41 ans, pour l'enlèvement et la séquestration en 2011 de son fils de 8 ans, dont on est sans nouvelles depuis.

Pour l'avocat général de la cour d'assises de Caen, le mutisme de Sylvain Jouanneau concernant la disparition de son fils, Mathis, en 2011, doit être sévèrement puni. Vingt ans de réclusion ont ainsi été requis jeudi aux assises à Caen contre ce père de famille, âgé de 41 ans, pour l'enlèvement et la séquestration en 2011 de son fils de 8 ans, dont on est sans nouvelles depuis.

"Des faits odieux". "Des faits odieux (...) d'autant plus inexplicables que l'accusé venait de voir ses droits de père rétablis" progressivement par la justice, a déclaré l'avocat général Pascal Chaux après trois jours et demi d'un procès "lourd", au terme duquel Sylvain Jouanneau encourt 30 ans de réclusion criminelle.

L’histoire. Le 4 septembre 2011, Sylvain Jouanneau, dont le casier judiciaire est vierge, va chercher son fils à l'école vers 18 heures, comme le prévoit son droit d'hébergement. Mais l'homme, qui a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique par le passé, ne le ramène pas comme prévu le dimanche soir chez Elisabeth Barré, son ex-compagne. Il expliquera avoir dit à Mathis que sa mère et son compagnon était morts dans un accident de voiture.

Le mercredi suivant, le camping-car de l'accusé est retrouvé à Villers-Bocage, à 35 km de Caen avec son passeport. Le lendemain, le 10 septembre, c'est sa Peugeot 206 break qui est découverte à 5 km de Bayonne. Aucune trace de sang n'est mise en évidence dans les véhicules. Dans le Break, les enquêteurs trouvent des tickets d'achats de jouets et de trois livres sur l'islam effectués le 30 août à Caen. Sylvain Jouanneau s'est converti à cette religion après une relation en 2006-2007 avec une jeune femme marocaine.

Une enquête dans les milieux musulmans. Selon une source judiciaire, en 2011 Sylvain Jouanneau a écrit que Mathis était "en sécurité" avec des personnes en lesquelles il disait avoir "toute confiance", et que "ses frères musulmans" prendraient en charge l'avenir de Mathis s'il devait arriver quelque chose à son père. Sylvain Jouanneau qui, selon les enquêteurs, avait préparé "de longue date" cet enlèvement est, lors de son arrestation, "sale comme quelqu'un qui vit dans des conditions précaires", précise à l'époque le procureur de Caen Catherine Denis. Malgré des recherches dans des institutions musulmanes et chrétiennes en Espagne, en Italie et au Maroc, et dans des associations de type sectaire en France, Mathis reste introuvable.