Disparition de Fiona : trois mois plus tard..
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L'enquête n'a pas permis de découvrir la moindre piste concrète sur l'enlèvement supposé de la fillette.

L'INFO.  Trois mois et aucune piste. Depuis le 12 mai dernier et la disparition de Fiona,  5 ans, dans un parc de Clermont-Ferrand, l'enquête n'a pas permis de découvrir la moindre piste concrète sur l'enlèvement de la fillette. Bien que la piste de l'accident se soit vite évanouie après les recherches infructueuses dans le parc escarpé de Montjuzet, qui s'étend sur 25 hectares, une procédure "alerte-enlèvement" n'avait pu être activée en l'absence de témoignage concret. Aujourd'hui encore, aucun des témoignages recueillis par les policiers n'a pu ouvrir la voie d'une piste sur l'enlèvement de la fillette.

La mère se sent "un peu abandonnée".  "On est pratiquement au point de départ", constatait lundi matin Me Gilles-Jean Portejoie, l'avocat de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, dans un entretien avec l'AFP. "Six ou sept personnes ont dit avoir vu Fiona dans toute la France et ont été entendues par la police, ce n'est pas tant que ça", a déploré Me Portejoie. Dans un entretien à la Montagne publié lundi, Cécile Bourgeon, 25 ans, confie : "je me doutais qu'à un moment, le dispositif serait réduit. Malgré tout, je me sens un peu abandonnée". "On ne peut pas dire que les enquêteurs ne travaillent pas, eux et le procureur mènent un travail remarquable", a tempéré Me Portejoie.

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Un enlèvement par un individu non "fiché" ? Le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert le 14 mai une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration", confiée à deux juges d'instruction. Dans un premier temps, l'enquête s'est concentrée sur l'entourage de la jeune mère de Fiona, notamment sur un Algérien de 34 ans contre qui elle avait porté plainte un an plus tôt pour "viol et séquestration", sans succès. "L'entourage familial a aussi été passé au peigne fin", raconte Me Portejoie, qui partage aujourd'hui avec sa cliente "la théorie de l'enlèvement par quelqu'un qui ne serait pas fiché". Cécile Bourgeon, qui doit accoucher de son troisième enfant fin août, "est remarquable de dignité, de courage", selon son avocat, même si "elle passe par des moments d'abattement". Parmi les témoignages reçus récemment, celui d'un enfant qui avait vu "un homme bizarre" dans le parc le soir de la disparition de Fiona. Mais il s'agit d'un témoignage indirect, et recueilli plus de deux mois après les faits. En juin, une femme avait assuré avoir aperçu l'enfant sur une plage de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, où vit sa grand-mère.

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"Ne pas baisser les bras".  Dans l'entretien à la Montagne, la mère de Fiona se montre atteinte par "l'abus, avec les associations qui se sont créées, alors qu'on avait pas demandé ça". Une allusion aux groupes Facebook et aux marches organisées après la disparition de Fiona, sans que la mère de la fillette y soit associée. "Le père biologique de Fiona a aussi cherché à régler ses comptes", y déclare-t-elle. Le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, dont elle dit être sans nouvelles depuis plus d'un an, mais aussi son nouveau compagnon, Berkane Maklouf, dont elle attend un enfant, et elle-même, se sont constitués parties civiles pour avoir accès au dossier. Cécile Bourgeon "a envie de se rapprocher de sa mère, et prépare son déménagement à Perpignan", selon Me Portejoie. La jeune mère a été entendue plusieurs fois par les enquêteurs après la disparition de Fiona, et le rapport d'enquête psychologique la concernant doit être rendu "dans les jours qui viennent". L'avocat appelle à "ne pas baisser les bras": "la pire des choses dans une affaire de cette nature, c'est l'oubli".