Deux ados de 13 ans voulaient supprimer une famille

  • A
  • A
Deux ados de 13 ans voulaient supprimer une famille
@ MAXPPP
Partagez sur :

COMPLOT - Deux adolescentes de 13 ans ont été arrêtées près de Narbonne. Elles projetaient de tuer les parents et le frère de l'une d'elles.

TANDEM. Elles sont scolarisées en classes de 5e et de 6e et sortent à peine de l'enfance. Elles sont pourtant soupçonnées de "tentative d'assassinats". Ces deux adolescentes de 13 ans, des copines de collège, ont été arrêtées et mises en examen la semaine dernière près de Narbonne, dans l'Aude. Depuis un mois, elles fomentaient un incroyable projet criminel : tuer les parents et le petit frère de l'une d'elles. Leurs échanges de SMS et des plans dessinés par leurs soins témoignent de la préméditation de leur geste, jusqu'au passage à l'acte.  

Un coup de couteau après les cours. Les collégiennes sont passées à l'action à la fin du mois de mars. A la sortie des cours, la première fait venir la seconde dans sa chambre. Les parents vaquent à leurs occupations dans leur maison de Peyriac-de-Mer, un village en bordure de Narbonne. Comme prévu dans leur plan, l'amie poignarde le petit frère de la seconde, âgé de 6 ans.

Illustration urgences

L'hôpital alerte la justice. Le parents ne réalisent pas tout de suite la gravité de la situation. Le médecin de famille non plus. Pour tout soin, l'enfant reçoit un point de suture. Mais les jours passent et la blessure s'aggrave : la plaie est plus profonde qu'en apparence et la lame a atteint la dure-mère, la plus superficielle des membranes du cerveau. Deux jours plus tard, l'enfant est pris de maux de tête et de vomissements. Il est hospitalisé d'urgence à l'hôpital de Narbonne avant d'être transféré en neurochirurgie à Montpellier. Toujours hospitalisé, ses jours ne sont pas en danger.

C'est l'hôpital qui, en prenant la mesure de l'importance de la blessure, va finalement alerter le parquet. L'enquête de gendarmerie mène à l'arrestation du tandem. Entendues par les enquêteurs, les deux amies dévoilent leur terrible plan. Des SMS détaillant leur projet ont été découverts dans leur portable et une liste de leurs cibles accompagné du mode opératoire a été retrouvé par les enquêteurs. Les gendarmes et le procureur restent stupéfaits face au récit de ces deux adolescentes plutôt ordinaires, nées dans des familles de la classe moyenne.

20.07_gendarmerie e1default 930x620.jpg

Comment expliquent-elles leur geste ? Apparaissant détachées, les deux jeune filles peinent à commenter leur projet. Seule explication apparente, pour l'heure : la jalousie de la grande sœur envers son petit frère."Elles reconnaissent les faits, mais ne les expliquent pas profondément, sauf par une jalousie à l'égard de ce petit frère. Mais ce n'est pas le seul mobile car les parents aussi devaient être tués", indique David Charmatz, le procureur de Narbonne, sur Europe 1. "Elles ont du mal à réaliser la portée de leur acte", ajoute le magistrat.

Un récent changement de comportement. Amies depuis environ un an, les deux élèves fréquentaient le collège Jules-Ferry, l'un des établissements les plus importants de Narbonne. Leur comportement inhabituel avait pourtant alerté récemment l'équipe éducative. "Depuis peu, elles avaient tendance à opérer des scarifications sur leurs avant-bras. Et elles avaient aussi des propos inquiétants sur ce projet dont elles ne se cachaient pas vraiment", a rapporté le procureur. Elles avaient été vues par l'assistante sociale du collège pour ces "problèmes de scarification qui concernaient un petit groupe de jeunes filles".

Mercredi, l'ensemble des élèves des deux classes des adolescentes devait être convoqué à la gendarmerie. Objectif : faire la lumière sur le comportement et les paroles des deux jeunes filles.

Séparées et sous contrôle judiciaire. Depuis leur mise en examen, les deux amies ont été placées sous contrôle judiciaire et séparées, hors du département, dans des centres fermés de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), avec une surveillance stricte, un suivi psychologique et une obligation de soins. Une information judiciaire a été ouverte.