Des femmes de gendarmes se rebiffent

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Des femmes de gendarmes se rebiffent
@ MAXPPP
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Elles refusent la dissolution de l’escadron de gendarmes mobiles de Rennes.

Considérés comme des militaires, les gendarmes n’ont pas le droit de manifester ou de faire grève. Menacé de dissolution en septembre prochain, l'escadron de 115 hommes de gendarmes mobiles de Rennes a trouvé la parade : leurs épouses montent au créneau.

Pétition à l’appui, une cinquantaine de femmes de gendarmes participent à ce mouvement insolite et inédit.

Toutes dénoncent "une injustice totale", d’autant que la décision de fermeture de l’escadron est tombée alors que leurs maris venaient de rentrer d’Afghanistan.

"Mon mari ne dort plus, il est obligé de prendre des médicaments. (…). Mes enfants pleurent. C’est toute la famille qui va très mal", a confié Isabelle, mère de deux garçons, au micro d’Europe 1.

"Un coup de poignard dans le dos"

Nathalie, femme de gendarme elle aussi, a dénoncé, toujours sur Europe 1, "un coup de poignard dans le dos". Elle ne cache pas son inquiétude : "on nous dit ‘vous dégagez’, on regarde les cartes mais il n’y a plus de place". Dans la région, les escadrons de Saint Malo et Nantes ont déjà été dissous.

Les femmes de gendarmes veulent croire qu’elles seront entendues par Brice Hortefeux. "On ira jusqu’au bout", confient-elles en soulignant qu’à Lyon et Marseille le ministère de l'Intérieur est récemment revenu sur la fermeture de compagnies de CRS après un mouvement de protestation.

Des solutions "en Bretagne ou ailleurs"

Qu'en dit le service d'information et de relations publiques des armées – gendarmerie (SIRPA) ? Il a précisé à Europe 1 que la dissolution de l'escadron ne signifiait pas que les gendarmes allaient être mutés "autoritairement et sans concertation à l’autre bout de la France". Le SIRPA assure aussi que les gendarmes ont jusqu’à l’été 2012 pour être affectés dans une autre unité.

Toujours selon le SIRPA, un "dialogue de gestion" s’est ouvert la semaine dernière pour permettre aux gendarmes de trouver "en Bretagne ou ailleurs" une unité qui convienne à la fois à leur souhait et à l’’intérêt du service.