De la prison ferme pour cinq "Bonnets rouges"

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De la prison ferme pour cinq "Bonnets rouges"
une manifestation des "Bonnets rouges", en mai 2014, à Saint-Nazaire.@ REUTERS/Stephane Mahe 1
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CASE PRISON - Les onze militants jugés avaient été interpellés en avril 2014. Les peines les plus sévères concernent ceux impliqués dans la destruction d'un portique écotaxe.

Des peines de 18 mois de prison ferme à 4 mois avec sursis ont été prononcées vendredi à l'encontre de onze membres des Bonnets rouges. Ces derniers comparaissaient au tribunal correctionnel de Rennes depuis mardi pour des destructions de portiques écotaxe et des manifestations.

Onze condamnations. Dans le détail, trois d'entre eux ont été condamnés à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis, un à deux ans de prison dont un an avec sursis, un à six mois de prison dont quatre avec sursis, un à un an de prison avec sursis, deux à six mois avec sursis et trois à quatre mois avec sursis. Aucun mandat de dépôt n'a été prononcé.

Lors de l'audience jeudi, le procureur avait requis trois ans de prison dont deux avec sursis pour les peines les plus lourdes. Dans l'attente du délibéré de ce procès, quelques dizaines de manifestants s'étaient rassemblés vendredi en fin d'après-midi avec des bonnets rouges et des drapeaux bretons, maintenus à l'extérieur du tribunal par un cordon de police.

Des indemnités pour l'Etat. Les hommes qui ont été condamnés aux peines les plus lourdes l'ont été pour implication dans la destruction d'un portique écotaxe (impôt routier visant les poids lourds), le 28 décembre 2013 à Pontorson, dans la Manche. Ils ont en plus été condamnés solidairement à payer 10.200 euros d'indemnités à l'État. 

Les demandes d'indemnisations d'Ecomouv refusées. Les prévenus condamnés aux peines les plus faibles l'ont été pour être restés manifester après l'ordre de dispersion des forces de l'ordre et détention d' "armes" tels que des boucliers ou des barres de fer, principalement lors d'une manifestation à Breac'h, dans le Morbihan. Le tribunal a en outre considéré comme irrecevables les demandes d'indemnisations réclamées par Ecomouv, à la fois pour le préjudice subi par la destruction du portique, et pour le préjudice moral. 

Les onze militants avaient été interpellés à la mi-avril 2014 dans le cadre d'une enquête pour "association de malfaiteurs" conduite par la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Rennes. Quatre d'entre eux avaient été maintenus 25 jours en détention provisoire après leur interpellation. Les onze prévenus encouraient jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. Ils ont dix jours pour faire appel.