Côtes d'Armor : la "colo" était tout sauf "éducative"

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Côtes d'Armor : la "colo" était tout sauf "éducative"
@ Max PPP
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La préfecture a fermé le centre de vacances d'une centaine de jeunes à la suite de dysfonctionnements.

Jeunes laissés sans encadrement, bagarres, dortoirs mixtes, insalubrité, activités mal organisées voire inexistantes… La colonie de vacances de trois semaines dans le domaine de Pommerit-Jaudy, dans les Côtes d'Armor, a tourné au fiasco pour une centaine d'adolescents. En raison de nombreux dysfonctionnements, la préfecture du département a donc décidé de mettre prématurément fin au séjour proposé par Vacances éducatives.

Sur le papier : "des structures remarquables". La société promet pourtant sur son site "des vacances exceptionnelles". Le concept ? Des cours de soutien scolaire le matin et des activités en plein air l'après-midi. "Nous bénéficions de structures remarquables totalement adaptées à nos séjours : centre équestre agréé par la Fédération Française d’Équitation et les Haras Nationaux, terrains de foot et de rugby homologués, salle omnisport rénovée, salle de cinéma, internat moderne, salles de classe", vante Vacances éducatives sur leur site.

En réalité : des ados livrés à eux-mêmes. Sauf que la colonie de vacances à 1.245 euros les trois semaines est bien moins réjouissante que sur le papier. Les cours d'équitation promis l'après-midi se font sans encadrant, si bien que deux adolescents sont tombés de cheval. Le cinéma, vanté par la plaquette promotionnelle du séjour, est inexistant. Autre exemple, le revêtement du terrain de tennis est défectueux et les balles ne rebondissement donc pas. Faute d'activités, les adolescents se sont donc retrouvés livrés à eux-mêmes.

"Une absence de projet éducatif". Tout cela sans compter les problèmes d'insalubrité au sein de l'établissement, censé bénéficier de "de structures remarquables". Les draps des adolescents n'ont par exemple pas été changés de tout le séjour. Et les sanitaires n'avaient pas l'eau chaude. Et pour ne rien arranger, les cours, non agréés par l'Éducation nationale, "étaient peu ou mal organisés", selon la préfecture des Côtes d'Armor. "Il y avait une absence de projet éducatif, des problèmes d'encadrement", a énuméré Gilles Quénéhervé le directeur de cabinet du préfet.

"La sécurité physique des mineures en péril". "Les adolescents ont prévenu leurs parents, les parents se sont inquiétés, on a eu par exemple une jeune fille qui s'est retrouvée à l'hôpital pour un traumatisme crânien. La sécurité physique et morale des mineures était en péril et il a fallu prendre des mesures immédiates", justifie-t-il au micro d'Europe 1. La préfecture des Côtes d'Armor a en effet décidé de fermer l'établissement de Vacances éducatives le 14 août dernier, soit une semaine avant la fin du séjour.

"Le directeur était très permissif". Forcé de s'expliquer, Trinidad Gonzalvez, le fondateur et directeur général de cet organisme a remis la faute sur le directeur de la colonie de vacances. "Il s'est avéré très vite, dès la première semaine que ce directeur était très permissif. Il n'appliquait aucunement les directives de Vacances éducatives" affirme Trinidad Gonzalvez. Ce dernier assure que le directeur a été limogé à la suite des événements.

"300 euros de budget pour les 21 jours". L'intéressé dénonce, pour sa part, les mensonges de l'organisme Vacances éducatives. "Les prestations n'étaient pas à la hauteur. Un tiers de la plaquette éditée par Vacances Educatives était mensongère. L'organisme m'avait donné 300 euros de budget pour les 21 jours du séjour et je n'avais pas pu recruter les animateurs. Je ne conteste pas les dysfonctionnements relevé par la DDCS, je leur avais même écrit pour les exposer" a-t-il expliqué sur France 3.
Quoiqu'il en soit, le centre de Pommerit-Jaudy est fermé jusqu'à nouvel ordre. Les enfants et adolescents ont pour certains été récupérés par leurs parents et les autres doivent être reconduits chez eux lundi en bus.