Concorde : la procédure menacée

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Concorde : la procédure menacée
@ Reuters
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Plusieurs avocats contestent la validité de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal.

Le procès du Crash du Concorde, le 25 juillet 2000 à Gonesse, pourrait ne pas s’ouvrir mardi à Pontoise comme prévu. Les avocats de Continental Airlines et d'un ancien cadre de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), vont en effet plaider la nullité de la procédure, a-t-on appris vendredi. Maître Olivier Metzner pour Continental Airlines et Maître Daniel Soulez Larivière pour le cadre de la DGAC, Claude Frantzen, contestent la validité de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.

Ce document rédigé par le juge d'instruction est censé répertorier les éléments à charge et à décharge concernant les prévenus. "Ce n'est pas le cas de l'ordonnance en question", a estimé Me Daniel Soulez Larivière, estimant que "l'article 184 du code de procédure pénale n'a pas été respecté". Il va également se baser sur la Convention européenne des droits de l'Homme pour maintenir que les arguments de la défense n'ont pas été pris en compte, et invoquer l'"ancienneté des faits".

La version de Continental Airlines

"La loi oblige un juge à donner tous les éléments, tant à charge qu'à décharge, ce qui n'est pas le cas de cette ordonnance, donc je vais la contester devant le tribunal", a renchéri Olivier Metzner. "Cette ordonnance ne parle pas de la piste, pour moi principale, de ce dossier".

Continental Airlines maintient que le Concorde a pris feu avant même de rouler sur une lamelle en titane perdue par un DC10 de la compagnie américaine. Selon l'accusation, c'est cette lamelle qui a déclenché une réaction en chaîne (éclatement d'un pneu, perforation d'un réservoir, fuite et inflammation de kérosène) ayant mené à la perte de l'appareil.