Comment la BRI est remontée jusqu'au truand corse Germani

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Frédéric Ploquin, journaliste à Marianne et spécialiste du grand banditisme, est revenu au micro d'Europe 1 sur le travail des enquêteurs ayant mené à l'interpellation du voyou à Paris.

Il était le truand corse le plus recherché de France. Jean-Luc Germani, considéré comme l'un des parrains du milieu insulaire, a été arrêté jeudi à la Défense, près de Paris, à l'issue d'une cavale de trois ans. L'aboutissement d'une longue traque initiée par un simple renseignement fourni par un indic. Le spécialiste du grand banditisme Frédéric Ploquin, journaliste à Marianne, livre au micro d'Europe 1 les dessous de cette opération.

>> VIDÉO - Retrouvez l'interview Frédéric Ploquin dans Europe 1 Midi :



Frédéric Ploquin: "Dès le mois de juin on a...par Europe1fr

Sur la piste d'une "nourrice" depuis juin. "Le fil a commencé à être tiré" au mois de juin dernier, explique le spécialiste. "Il y a un policier de la Brigade de recherche et d'intervention de la police judiciaire Parisienne (BRI-PP) qui a reçu un tuyau concernant un Corse vivant à Paris", détaille Fréderic Ploquin. L'homme est alors inconnu de la justice comme des services enquêteurs. "Personne ne sait ce qu'il fait. Il n'a pas de passé judiciaire. Mais le tuyau dit simplement que cet homme sert de 'nourrice' : il gère dans la capitale le passage de certains voyous corses", poursuit le journaliste.

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Sans certitudes, "ils se collent" à l'homme. "On ne leur dit pas en revanche que cela cache un Jean-Luc Germani. Mais c'est peu à peu ce qu'ils vont comprendre et découvrir", raconte Fréderic Ploquin. Les enquêteurs "se collent sur cet homme" malgré la complexité d'un tel dispositif, explique-t-il. "On est alors mois de juin, il se passe un paquet de temps et il y a l'été qui court. Ils continuent à suivre ce contact sans aucune certitude sur qu'ils vont trouver derrière. Donc il faut mobiliser des hommes. Et puis à un moment, ils se sont dit qu'ils allaient peut-être voir apparaître dans le décor un Jean-Luc Germani", raconte encore le journaliste.  

"Son déguisement était presque caricatural". Et c'est donc bien "un Jean-Luc Germani" qui apparaît jeudi "dans le décor" de la Défense, même si l'homme a changé. "Il n'était pas passé par la chirurgie esthétique comme certains. Mais son déguisement était presque caricatural. Il s'était fait pousser la barbe, il avait grossi. Et quelque part, les policiers qui l'ont arrêté m'ont dit qu'il en avait fait presque trop".  Fin de cavale.