Cimetière juif profané : l’identité des suspects diffusée

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Cimetière juif profané : l’identité des suspects diffusée
@ AFP
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Le parquet de Saverne a ouvert une enquête, jeudi, après que l’identité des mineurs suspectés d’avoir profané le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin, a été dévoilée sur Internet.

L’info. Le nom de quatre des cinq mineurs soupçonnés d’avoir profané le cimetière juif de la petite commune de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin, ont été révélés sur un site internet israélien. Le 12 février, 250 tombes avaient en effet été dégradées, sur 400 sépultures, et cinq adolescents originaires du coin avaient été mis en examen.

C’est JSSNew, le site créé en Israël par Jonathan-Simon Sellem, se revendiquant "média sioniste", qui a publié les noms de quatre jeunes et même la photo de l'un d'eux. Suite à cet article, le parquet de Saverne, par ailleurs chargé de l’enquête sur la profanation du cimetière juif, a lancé une enquête.

Un délit puni par la loi. Par le biais d’un communiqué publié jeudi après-midi, le procureur de la République, Philippe Vannier, a rappelé que "l’identité des mineurs en cause est protégée par la loi" et "la publication, par quelque moyen que ce soit, de texte ou illustration concernant leur identification constitue un délit pénal".

Ce dernier est prévu et réprimé par l’article 14 de l’ordonnance pénale du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante : "La publication […] de tout texte ou de toute illustration concernant l'identité et la personnalité des mineurs délinquants est également interdite. Les infractions à ces dispositions sont punies d'une amende de 15.000 €."

Un acte "clairement" antisémite.  Ces cinq mineurs âgés de 15 à 17 ans ont été mis en examen, mercredi 18 février, pour "profanation ou violation" de sépultures "en raison de l'appartenance des défunts à une religion" et pour "dégradations volontaires de biens destinés à l'utilité publique". Lors de leur garde à vue, ils avaient nié tout caractère antisémite à leur geste, mais leur comportement a démontré qu'un "fond d'antisémitisme était à l’œuvre", avait ensuite assuré le procureur.

Les adolescents ont ainsi décrit des "gestes et paroles révélatrices", comme des "saluts nazis", des crachats sur des étoiles de David, ou encore des insultes antisémites comme "sales juifs" ou "sale race". Philippe Vannier en avait donc conclut que, "malgré les dénégations des intéressés, la connotation et le mobile antisémites de leur comportement apparaissent désormais clairement".

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