Cholet "ne doit pas recommencer"

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Cholet "ne doit pas recommencer"
Brunot Cholet sur les bords de l'Oise en 1999.@ Max PPP
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Le chauffeur de taxi multirécidiviste risque la perpétuité pour le meurtre d'une étudiante.

Il encourt la peine maximale. La réclusion à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, a été requise jeudi devant la Cour d'assises de Paris contre Bruno Cholet, 55 ans, le chauffeur de taxi clandestin et délinquant multirécidiviste. Il est accusé du meurtre en 2008 d'une étudiante suédoise, Susanna Zetterberg.

Alors que le verdict est attendu vendredi, son passé judiciaire a fortement pesé dans la balance dans les réquisitions. "L'intérêt de la société, c'est de faire en sorte qu'il ne puisse pas recommencer", "ne prenez pas le risque d'une nouvelle récidive !", a lancé en conclusion de son réquisitoire l'avocat général, Jean-Paul Content, évoquant "un crime abominable". Cette affaire avait enflammé le débat sur la récidive en France.

Avant lui, le père de Susanna Zetterberg s'est dit "sûr que justice va être rendue", sa mère déplorant elle de ne toujours pas savoir ce qui "lui est arrivé avant de mourir".

Quatre balles dans la tête

Si Bruno Cholet se dit victime d'un complot policier et nie avoir tué la jeune fille de 19 ans après l'avoir prise en charge dans son taxi à la sortie d'une boîte de nuit parisienne, les preuves matérielles l'accablent.

"Je n'ai jamais entendu des explications aussi énormes que celles de Bruno Cholet", s'est exclamé le représentant du ministère public, qualifiant d'"invraisemblables", "injustes et calomnieuses", les accusations qu'il porte contre les policiers.

>>> A lire : Elles ont vu "le regard froid" de Cholet

Susanna Zetterberg, jolie jeune fille blonde, installée à Paris depuis l'été 2007 pour y apprendre le français à l'université, avait été retrouvée morte en bordure d'un chemin de la forêt de Chantilly, dans l'Oise, les mains entravées dans le dos par des menottes. Elle avait reçu quatre balles dans la tête et portait une autre blessure à la poitrine, vraisemblablement causée par une arme blanche. L'état de son corps, en partie carbonisé, n'avait pas permis d'établir si elle avait subi des violences sexuelles.

"Preuve incontournable"

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© Max PPP

Bruno Cholet avait été arrêté six jours après les faits. Les enquêteurs étaient remontés jusqu'à lui grâce à des témoignages et à leurs fichiers de personnes condamnées pour exercice illégal du métier de taxi. L'une des deux cartes bancaires de la jeune fille avait été utilisée à deux reprises pour retirer 100 et 200 euros dans des distributeurs de l'Oise et du Val d'Oise. L'un d'eux était équipé d'une caméra vidéo, qui avait filmé un homme dont l'allure correspondait à celle de Bruno Cholet.

Dans son véhicule a été découvert un sac plastique contenant l'arme du crime -un pistolet de calibre 22 long rifle- des munitions et trois paires de menottes identiques à celles que portait le corps de Susanna Zetterberg.

Ses empreintes génétiques et celles de la victime seront retrouvées sur le pistolet. "Preuve incontournable", "massive" de sa culpabilité, selon l'avocat général qui, devant un accusé impassible, a énuméré pas moins de sept autres "éléments à charge" contre lui.

Il accuse les policiers d'avoir placé ce sac dans sa voiture

Pour sa défense, Bruno Cholet a accusé les policiers d'avoir placé ce sac dans sa voiture, affirmant aussi que la police avait mis son slip en contact avec l'arme pour y transférer son ADN.

Mais des experts psychiatres ont débouté toute idée de complot. Ils l'ont décrit comme présentant une "véritable perversion morale, sexuelle et sociale en général". Les psychologues ont, quant à eux, décrit les "carences affectives" dont a souffert l'accusé dès sa naissance.

Car cette enquête a également mis en lumière une enfance particulièrement difficile pour l'accusé. Bruno Cholet a été ballotté de foyers en institutions spécialisées, avant la prison où il a passé plus de la moitié de sa vie. "Je sais bien que vous n'avez pas eu une enfance facile, Monsieur Cholet", lui a concédé l'avocat général mais, a-t-il ajouté, "il n'existe pas de fatalité du crime". Les deux avocats de la défense doivent plaider jeudi après-midi.