Chevaline : la piste d'un tueur fou
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Le procureur d'Annecy a évoqué cette thèse alors que le volet irakien des investigations débute.

Le 5 septembre dernier, Saad al-Hilli, 50 ans, Britannique d'origine Irakienne, sa femme Iqbal, 47 ans, sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, et un cycliste français, Sylvain Mollier étaient violemment assassinés à Chevaline, près d'Annecy, en Haute-Savoie.

Depuis trois mois, trois hypothèses étaient jusque là évoquées dans l'enquête : la famille, le travail et les origines irakiennes de Saad al-Hilli. Récemment, le procureur d'Annecy a ouvert une nouvelle voie : la piste du tueur fou.  Europe1.fr fait le point sur l'enquête.

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Trois mois après, pourquoi cette nouvelle piste ?  L'hypothèse du tueur fou a été étudiée dès le début de l'enquête mais elle n'était pas prioritaire, a confié le procureur d'Annecy, Éric Maillaud, à Europe 1.

Rien n'est encore ressorti sur le plan des activités professionnelles de Saad al-Hilli et les investigations ont à peine commencé en Irak, son pays d'origine. Les autres pistes n'ayant ainsi encore rien donné, celle-ci remonte donc naturellement.

Une piste vraiment crédible ? Oui, répond le procureur, en raison de l'absence de mobile identifié, de l'extrême violence du crime et du grand nombre de munitions retrouvées sur les lieux de la tuerie écartant la piste du tueur professionnel.  L'hypothèse d'une rencontre avec un déséquilibré  collectionneur d'armes est donc tout à fait crédible.

 Environ 1.000 dossiers  de profils correspondants sont actuellement passés au crible, en France, en Italie et en Suisse.  Un travail de fourmi puisque les enquêteurs consacrent près de dix heures par dossier.

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Les investigations en Grande-Bretagne ont-elles  été abandonnées ? Non, la piste familiale fait toujours l'objet d'une enquête autour du frère de Saad al-Hilli et de l'héritage paternel : 1 million d'euros placé sur un compte en Suisse.

Où  en-est la piste irakienne ?  Au commencement. La justice française va envoyer une commission rogatoire internationale à Bagdad.  "L'idée, c'est de se dire: est-ce qu'on peut faire un lien entre les meurtres et les origines irakiennes des victimes?", a confié le procureur.

Le père de Saad al-Hilli, un industriel décédé en 2011 en Andalousie, avait fui l'Irak dans les années 80. Une série de questions va donc être envoyée aux magistrats irakiens afin de faire un point précis sur les activités professionnelles du père, les conditions dans lesquelles il a quitté l'Irak et l'origine de son patrimoine.  Quant à un possible lien entre ce compte en Suisse et la fortune de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, pour le procureur Maillaud, c'est "à priori,(...) de la fumisterie".