Chambéry : les victimes étaient "en bonne santé"

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Chambéry : les victimes étaient "en bonne santé"
@ MAXPPP
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Une aide-soignante d'une maison de retraite a été écrouée jeudi, soupçonnée d'avoir empoisonné des pensionnaires. 6 sont morts.

L'INFO. Selon ses premières explications, l'aide-soignante aurait voulu "soulager leurs souffrances". Cette employée d'une maison de retraite située près de Chambéry a été mise en examen et écrouée jeudi pour avoir empoisonné neuf pensionnaires, dont six mortellement. La suspecte n'a toutefois pas parlé d'euthanasie. Les six décès sont intervenus depuis octobre au sein de l'établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Le Césalet, à Jacob-Bellecombette, en Savoie, qui dépend du centre hospitalier de Chambéry. Sur les neuf victimes, aucune n'était pourtant en fin de vie.

"Ce ne sont pas des cas d'euthanasie". Toutes ces personnes avaient un âge certain mais elles n'étaient pas en fin de vie", a précisé mercredi Dietlind Baudoin, substitut du procureur de Chambéry, au micro d'Europe1. "On n'est pas du tout dans une volonté d'accompagnement à la fin de vie", a-t-elle précisé. "Elles avaient certes des fragilités psychologiques ou physiques liées à leur âge mais elles étaient considérées  comme tout à fait en bonne santé", a poursuivi la magistrate.   Bien évidemment, la question est de savoir pourquoi l'aide-soignante aurait administré ces psychotropes à ces personnes âgées. La seule réponse que l'aide-soignante ait donné pour le moment c'est qu'elle voulait les soulager. "Sans pour autant préciser ce qu'elle entendait sous le terme 'soulager'".

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"Elle n'était pas à l'agonie". Jean-Paul, dont le beau-frère est lui-même en pension dans cet établissement, connaissait bien l'une des victimes. Il se souvient d'une personne qui n'était pas à l'article de la mort. "C'était une personne très aimable qui se promenait assez souvent avec mon beau-frère. J'ai eu l'occasion de comme on dit 'tailler la bavette' plusieurs fois avec elle", se souvient-il au micro d'Europe 1. "Pour moi au départ, rien ne m'inspirait que cette dame allait mourir. La dernière fois que l'ai vue, elle n'était pas à l'agonie", assure-t-il.  "Maintenant, cela nous pose de gros problèmes. On va certainement prendre rendez-vous avec la direction. Je vais aller voir mon beau-frère pour lui demander si éventuellement il y a eu des choses qu'il ne nous a jamais dites", poursuit-il, révolté : "ce ne sont pas des déchets de la nature, mais des personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie".

Le personnel "fortement traumatisé".  Le directeur de l'établissement, Guy-Pierre Martin, a témoigné mercredi soir de sa consternation et assure vouloir désormais se tourner vers les familles. "Mon objectif et préoccupation principale, ce sont les familles.  Celles des victimes d'abord, à qui je veux manifester tout notre soutien et tous nos regrets", a-t-il assuré. "Je souhaite également rencontrer les familles des résidents et les résidents eux-mêmes. Pour faire en sorte que les médecins et l'encadrement leur expliquent, avec moi, ce qui s'est passé et répondre à leurs questions", a-t-il indiqué. "J'ai une pensée très forte pour toutes les équipes de l'hôpital qui sont aujourd'hui fortement traumatisées par cette affaire", a confié le directeur, précisant qu'une cellule psychologique avait été mise en place afin d'accompagner "le plus possible" le personnel.