Calais : plusieurs rixes nocturnes entre migrants, 16 blessés légers

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Calais : plusieurs rixes nocturnes entre migrants, 16 blessés légers
@ BERNARD BARRON / AFP
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Une enquête de l'Auberge des migrants publiée lundi a dévoilé que la majorité des migrants de Calais dormaient moins de quatre heures par nuit.

Plusieurs bagarres nocturnes entre migrants afghans et africains ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Calais, impliquant au total 150 à 200 personnes et faisant 16 blessés légers, a annoncé mardi la préfecture du Pas-de-Calais.

De 23h à 6h, quatre rixes à quatre endroits différents localisés près de l'A16 ou de la rocade portuaire ont opposé Afghans et Erythréens par petits groupes, certains armés de barres de fer ou de bâtons, rapporte un communiqué de la préfecture. Elles se sont soldées par "16 blessés légers (plaies et traumas)", a précisé cette source.

"Les migrants fonctionnent par groupes pour s'en sortir". "C'est parti d'une petite dispute avec un migrant alcoolisé, durant une distribution de nourriture. Puis ça a dégénéré dans toutes les jungles", ces petits campements clandestins et éphémères qui se font et se défont depuis quelques semaines, a raconté à l'AFP Sylvain, cofondateur il y a deux ans du hangar de distribution de l'association Auberge des migrants. "Ce n'est pas étonnant, à force du déni de l'Etat qui ne fait que ce qu'il est obligé de faire", a-t-il dénoncé en référence aux quelques points d'eau récemment mis en place sous contrainte judiciaire. "Les conditions de vie très difficiles font que les différences culturelles entre communautés se font plus ressentir. Les migrants fonctionnent par groupes pour s'en sortir et ils sont très solidaires" lorsque l'un d'entre eux est agressé, a encore expliqué l'associatif.

Début juillet déjà, une rixe opposant une centaine de migrants africains, des Érythréens face à des Éthiopiens, avait fait 16 blessés dont un grave dans la zone industrielle de Calais. Les conditions de vie des migrants dans le Calaisis ont été dénoncées de nombreuses fois ces derniers mois par des associations, mais aussi par le Défenseur des droits Jacques Toubon qui, le 14 juin, avait déploré des atteintes aux droits "d'une exceptionnelle et inédite gravité".