Calais : la situation toujours plus dégradée dans la "Jungle"

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Calais : la situation toujours plus dégradée dans la "Jungle"
@ AFP
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La justice a ordonné lundi à l'Etat et à la ville de Calais de réaliser divers aménagements sanitaires dans le camp de réfugiés du nord de la France.

Ils sont 6.000 à vivre dans la plus grande précarité. Avec un afflux continu de migrants, la situation dans la jungle de Calais s'empire toujours un peu plus. Lundi, le tribunal administratif de Lille, saisi en référé par Médecins du monde et le Secours catholique, a ordonné à l'Etat et à la ville de Calais de réaliser divers aménagements sanitaires. Des dispositions avaient déjà été prises mais restent aujourd'hui insuffisantes.

"Personne ne peut vivre ici". Les associations et les migrants saluent l'arrivée de conteneurs sur le camp. Mais pour eux, ces 1.500 places d'urgences ne sont pas suffisantes : près de 6.000 personnes vivent aujourd'hui dans la jungle. Comme Nasraoui, un Irakien de 48 ans, à Calais avec ses quatre enfants en bas âge, qui craint de ne pas faire partie des heureux élus. "Ce n'est pas possible, personne ne peut vivre ici : pas un homme, pas une femme, pas un enfant. Il fait trop froid, tous mes enfants sont tombés malades aujourd'hui", témoigne-t-il au micro d'Europe 1.

Sur le camp, un WC pour 100 personnes. Pour se laver, les migrants doivent faire parfois plus d'une centaine de mètres. Et c'est la même chose pour les toilettes. On en compte une soixantaine sur le camp, soit un WC pour 100 personnes. Des latrines qui sont bouchées la plupart du temps. Ainsi il n'est pas rare de voir de l'urine s'écouler vers les tentes les plus proches. "Rien ne fonctionne ici. Les toilettes sont infectes. On est obligé d'aller dans les dunes sinon on tombe malade", explique un migrant.

Le pire camp de réfugié au monde ? Les associations sont d'autant plus inquiètes que chaque jour de nouveaux migrants viennent s'installer sur le camp. "Je crois que l'on est le camp de réfugiés le plus mal loti dans le monde au niveau hygiène", déplore Chritian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants. "A côté de moi, ils sont occupés à se faire du thé dans une boîte de conserve qu'ils chauffent sur trois pierres. A part la boîte de conserve, c'est la préhistoire", regrette-t-il.

Et l'arrivée de froid n'arrange rien. Les associations lancent un cri d'alarme : il leur manque déjà des couvertures et des vêtements chauds.