Braquage : pris en filature à Marseille, arrêtés à Besançon

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Braquage : pris en filature à Marseille, arrêtés à Besançon
@ Capture Google Streetview
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Les braqueurs marseillais s’apprêtaient à "taper" une bijouterie de Besançon. Mais la BRI les suivait depuis leur départ de la cité phocéenne.

ROAD TRIP. Par souci de discrétion, Ils avaient décidé d'opérer loin de Marseille, à près de  600 kilomètres de leurs bases. Six malfaiteurs, tous originaires de la cité phocéenne, ont été interpellés samedi dernier à Besançon par les hommes de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la PJ marseillaise. L'équipe, qui s'apprêtait à braquer une bijouterie de la ville, étaient sous surveillance depuis deux mois.

Des préparatifs sous surveillance. L'affaire commence par un renseignement obtenu par les hommes de la BRI début janvier : plusieurs malfrats du centre-ville de Marseille, bien connus des services de police, prépareraient un coup. L'équipe est alors placée sous surveillance. Et très vite, les soupçons des enquêteurs se confirment. La bande commence par voler une voiture discrète, une Citroën C3. Puis les malfrats font leurs courses. Treillis, cagoules, armes longues, ils se procurent l'attirail du parfait braqueur, tout cela sous les yeux des hommes de la BRI qui opèrent dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs".

Une filature sur plus de 500 km d'autoroute. Tout s'accélère vendredi dernier. L'équipe, composée de six individus, prend la route à bord de trois véhicules : la Citroën volée et deux voitures de location. Les hommes de la BRI les filent au train et le convoi quitte Marseille par l'autoroute, vers le nord. Les policiers sont alors loin de se douter que la filature qu'ils viennent d'engager va se terminer à plus de 500 kilomètres de là, en banlieue de Besançon, dans le Doubs. La bande s'arrête dans un hôtel et commence à "travailler". Dès le vendredi soir, des premiers repérages sont effectués et leur dessein se précise. La cible désignée : une grande bijouterie du centre-ville bisontin, la joaillerie-horlogerie de luxe Van Brill.

Un M16, une Kalach' et une massette. La bande se met en branle samedi matin. Alors qu'un déluge s'abat sur Besançon, la mécanique du braquage s'enclenche. Les voitures relais sont positionnées entre l'hôtel et la bijouterie. Une jeune femme, membre de l'équipe, se met en place aux abords de la cible. Nous sommes aux environs de midi. La pluie s'arrête et laisse place à un grand soleil. Les rues de Besançon, jusque-là délaissées, se remplissent rapidement. Les braqueurs font alors volte-face. Le coup est annulé, ou repoussé, pour une raison inconnue. Retour à l'hôtel pour les braqueurs marseillais : c'est là, vers 13h30, que les hommes de la BRI vont les cueillir sur le parking de l'établissement. Dans la C3, les policiers retrouvent un fusil d'assaut M16, une kalachnikov, une massette, des treillis et des cagoules.

Des repérages sur Internet. Les six braqueurs, connus pour des faits de vols, violences ou extorsion, sont ramenés à Marseille pour y être entendus dans les locaux de la Direction inter-régionale de la police judiciaire. Tous reconnaissent les faits. Selon leurs déclarations en garde à vue, les malfaiteurs expliquent avoir repéré la bijouterie sur Internet, en cherchant une cible au calme, dans une petite ville. Présentés mercredi à un juge, ils ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de commettre des vols à main armée". Quatre ont été placés sous mandat de dépôt et deux autres sous contrôle judiciaire, dont la jeune femme, connue notamment pour des affaires de stupéfiants, mère de famille et compagne d'un membre de la bande.

Une information judiciaire a été ouverte et confiée à la juge d'instruction marseillaise Karine Sabourin. L'enquête devra notamment faire la lumière sur les implications de chacun, d'éventuels repérages en amont et les raisons du volte-face de la bande.