Braquage : comment sont formés les bijoutiers ?

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Braquage : comment sont formés les bijoutiers ?
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Pour éviter tout drame similaire à celui survenu à Nice, les bijoutiers doivent éviter de répliquer en cas de braquage.

Quelles sont les marges de manœuvre d'un bijoutier en cas de braquage ? La question se pose après la mort d'un braqueur mercredi matin à Nice. Le bijoutier a en effet fait feu sur les deux malfaiteurs qui prenaient la fuite en scooter alors qu'ils venaient de s'emparer du coffre de son magasin. Le bijoutier a été arrêté et placé en garde à vue pour homicide volontaire. Il assure pourtant ne pas avoir tiré en direction des voleurs. Mais sa version des faits est contredite par des témoins.

>> Face à la multiplication des braquages, des professionnels de la sécurité dispensent des formations pour apprendre aux bijoutiers à gérer ce type de situation.

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Éviterl'escalade de la violence. Et le cas du bijoutier de Nice est typiquement l'exemple à ne pas suivre. Les syndicats de bijoutiers ou les professionnels de la sécurité assurent d'ailleurs que seule une très faible minorité des bijoutiers sont armés. Une posture préférable pour éviter l'escalade de la violence. En revanche, de plus en plus de bijoutiers suivent des formations de sécurité. Ils passent ainsi une journée en petits groupes pour apprendre à affronter différentes situations. En cas de braquage, la meilleure défense n'est donc pas une arme, mais une bonne gestion de son stress, dû à l'effet de surprise, explique Fabrice Rousseau, consultant sécurité spécialiste des bijouteries.

"Le professionnel doit impérativement ne pas avoir un comportement de résistance et d'opposition. On leur apprend à ne pas avoir de geste équivoque. Mettre la main dans la poche ou sous le comptoir peut en effet être considéré comme un geste d'attaque qui peut provoquer une réplique immédiate", commente le spécialiste au micro d'Europe 1.

Être attentif aux détails. Si l'on conseille aux bijoutiers de ne surtout pas répliquer, on les incite toutefois à être très attentif au déroulé des événements dans le but de faciliter le travail des enquêteurs. "On leur donne des techniques pour pouvoir donner aux autorités de police un certain nombre d'informations qui peuvent faciliter l'enquête de police. Puisque ce n'est pas leur vocation d'arrêter les voleurs, c'est celle de la police de mettre hors d'état de nuire ces individus", estime Fabrice Rousseau.

Opter pour des systèmes de sécurité automatiques. A l'autodéfense, il faut donc préférer les systèmes de sécurité qui font leurs preuves, commente Fabrice Rousseau. Comme des vitres sécurisées ou encore l'enfumage des voleurs. Tous ces systèmes découragent les braqueurs. En un an, les vols à mains armés de bijouteries ont chuté de 15%.