Mort de Rémi Fraisse : débordements lors d'une manifestation à Paris

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Mort de Rémi Fraisse : débordements lors d'une manifestation à Paris
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BILAN - À Paris, les forces de l'ordre ont interpellé 78 personnes. Et un sit-in pacifique s'est déroulé dans le calme. À Sivens, une marche silencieuse n'a donné lieu à aucun débordement.

Ils étaient près de 300 manifestants à braver l'interdiction de manifester, dimanche, à Paris. Une forte présence policière quadrillait la place Stalingrad, sur les lieux d'une manifestation interdite, une semaine après la mort de Rémi Fraisse. Les forces de l'ordre ont procédé à 78 interpellations aux abords de la place et dans l'Est parisien. À Sivens, plusieurs milliers de personnes ont marché en début d'après-midi du campement des opposants, jusqu'à l'endroit où Rémi Fraisse a trouvé la mort, il y a une semaine, devant le site de construction du barrage.

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"Va te faire cuire un keuf". Sur la place de la Rotonde, face au canal de l'Ourcq, où une manifestation était prévue avant que ses organisateurs ne renoncent à déposer une demande à la préfecture de Paris, ils étaient moins de 300. Certains répétaient des slogans comme "police partout, justice nulle part", "on n'oublie pas, on ne pardonne pas", "police assassins".

Un grand carton était planté dans des boîtes d’œufs sur lequel était écrit "va te faire cuire un keuf". Les CRS, qui ont demandé à ce qu'il soit enlevé, ont été hués par les manifestants qui ont crié "liberté liberté".

"Marteaux, poings américains, tenailles". Comme le rassemblement n'était pas autorisé, les forces de police redoutait que certains participants à cette manifestation viennent uniquement pour en découdre. La justice avait donc autorisé les forces de l'ordre à multiplier les contrôles d'identité et à ainsi à mener des arrestations préventives. Aux abords de la place, les policiers ont donc procédé dès le début de l'après-midi à des contrôles de sacs et d'identité, notamment de jeunes portant des T-shirt aux slogans hostiles à la police. Sur certains des individus interpellée,  les policiers ont retrouvé des couteaux, des marteaux, des poings américains, des fumigènes et même une bouteille d'acide et un cocktail Molotov.

19 manifestants en garde à vue. Au total, 78 personnes ont été interpellées aux abords de la place et dans l'Est parisien, dont la plupart appartiennent à la mouvance anarcho-autonome, à celle des contestataires radicaux ou encore des militants antifasciste. Dix-neuf des manifestants interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé, quatorze pour participation à un attroupement armé et deux pour refus de se soumettre à un contrôle d'identité, a précisé la préfecture de police de Paris.

Une manifestation dans le calme sur le Champs de Mars. La manifestation pacifique organisée sur le Champ de Mars s'est, quant à elle, déroulée dans le calme. Sept cents personnes ont assisté à ce recueillement silencieux, non loin de la tour Eiffel. Ils arboraient presque tous un autocollant à la fleur jaune, une renoncule protégée qu'affectionnait Rémi Fraisse, botaniste bénévole. "Le héros, c'est Rémi", a lancé une manifestante, Sophie Tissier, intermittente. Autour d'elles, plusieurs personnes portaient des pancartes "Nous sommes tous Rémi". Le rassemblement a pris fin vers 18h30.

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Une marche silencieuse à Sivens. Parallèlement aux rassemblements parisiens, plusieurs milliers de personnes ont pris part dimanche à 14h30 à une "marche de recueillement" en mémoire de Rémi Fraisse, sur le site du barrage contesté de Sivens. Après avoir  participé à un pique-nique sur l'herbe, au côté du campement autogéré des opposants qui occupent le site depuis près d'un an, les participants se sont mis en marche dans le silence.

Nombre d'entre eux arboraient un logo représentant une renoncule, une herbe vivace dont Rémi Fraisse assurait la coordination du suivi, en tant que botaniste bénévole pour l'association Nature Midi-Pyrénées. Les participants, de tous âges, marchaient sur une large bande de terrain déboisée et décapée courant septembre. Ils se dirigeaient vers l'endroit, un kilomètre plus loin où le jeune manifestant a perdu la vie.

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