Aubervilliers : l'instituteur jugé pour une fausse agression revient sur ses aveux

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Aubervilliers : l'instituteur jugé pour une fausse agression revient sur ses aveux
@ AFP
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L'instituteur d'Aubervilliers qui avait rapporté une fausse agression est revenu sur ses aveux jeudi. 

Jugé pour "dénonciation de crime imaginaire", un instituteur de 45 ans est revenu sur ses aveux jeudi, affirmant à la barre du tribunal de Bobigny qu'il avait bien été agressé le 14 décembre par un homme se revendiquant du groupe Etat islamique.

"Je maintiens que j'ai été agressé". L'enseignant, dont le récit de l'agression au cutter avait créé une forte émotion dans un pays encore traumatisé par les attentats qui ont fait 130 morts un mois plus tôt, est poursuivi pour "dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles". Il risque six mois de prison et 7.500 euros d'amende. "Je maintiens que j'ai été agressé", a déclaré le prévenu d'une voix posée, de longs cheveux blancs noués en queue de cheval.

Le rappel des faits. En début d'audience, son avocate Noémie Saidi-Cottier avait tenté d'obtenir l'annulation de la procédure visant son client au motif qu'elle était "entachée" de nombreuses irrégularités. Le maître d'école, en poste depuis 22 ans dans une école classée REP (Réseau d'éducation prioritaire) à Aubervilliers, avait affirmé avoir été poignardé au cou et au flanc vers 07H10, alors qu'il préparait sa classe, par un homme en tenue de peintre, cagoulé et ganté, qui s'était saisi d'un cutter à sa portée et lui avait lancé: "C'est Daech, c'est un avertissement." D'abord entendu en tant que victime, il avait fini par avouer dans l'après-midi qu'il s'était blessé tout seul.

Son avocate critique les conditions de ses aveux. "Des aveux obtenus dans des conditions contestables", selon son avocate: "Après 5 heures d'interrogatoire, alors qu'il est sous morphine, il va finir par craquer", a-t-elle dit. En outre, "il s'est auto-incriminé sans la présence d'un avocat", a relevé son conseil, estimant que les officiers de police avaient tardé à lui notifier ses droits.  Le juge a rappelé que le prévenu avait lui-même indiqué aux enquêteurs qu'il souffrait de problèmes d'alcool et qu'il était sous pression car il devait être inspecté le surlendemain du drame.