Attentats de Paris : la traque de Salah Abdeslam se poursuit

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Attentats de Paris : la traque de Salah Abdeslam se poursuit
@ Ministère de l'Intérieur / DICOM / F. PELLIER
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Plus d'une semaine après les attentats à Paris, un Belge, soupçonné d'avoir effectué des repérages en vue des attaques, a été interpellé en Turquie. Salah Abdeslam, lui, reste introuvable, alors que Bruxelles reste en alerte maximale. 

L'ESSENTIEL

Un peu plus d'une semaine après les attentats de Paris, les enquêteurs poursuivent leurs investigations. Un Belge, soupçonné d'avoir effectué des repérages en vue des attaques, a été interpellé en Turquie. Dans le même temps, Bruxelles a été placée en alerte maximale, samedi et le restera jusque lundi, le gouvernement local évoquant une "menace imminente" d'attentat. Les forces de l'ordre sont toujours à la recherche de Salah Abeslam, soupçonné d'être impliqué d'avoir participé aux attaques du vendredi 13 novembre.

>> Les dernières informations à retenir

  • Salah Abdeslam, recherché par toutes les polices européennes, reste introuvable

  • Le kamikaze de l'appartement de Saint-Denis n'est pas connu de la police 

  • Un Belge, soupçonné d'avoir effectué des repérages en vue des attaques, a été interpellé en Turquie

  • La traque de Salah Abeslam se poursuit

Contrôlé à Cambrai le lendemain des attaques. Depuis qu'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats, a été tué lors de l'assaut policier de mercredi à Saint-Denis, Salah Abdeslam concentre toute l'attention des services antiterroristes. Le Français, né à Bruxelles, reste introuvable depuis que deux complices venus de Belgique affirment être venus l'exfiltrer au lendemain des attaques. Seule certitude : un homme présentant des papiers d'identité à son nom a été contrôlé le 14 novembre dans une voiture à Cambrai. Pour l'instant, l'appel à témoins diffusé par la police n'a rien donné et l'homme est toujours activement recherché par toutes les polices européennes. 

Quel rôle a-t-il joué dans les attentats ? Son rôle dans les attaques survenues vendredi 13 novembre, en plein cœur de la capitale française et au stade de France, reste à déterminer précisément. Salah Abdeslam a en tout cas loué plusieurs voitures et réservé des chambres d'hôtel utilisées par les assaillants. Contrairement à ce qui avait été évoqué dans un premier temps de l'enquête, les policiers sont désormais à peu près certains que le jeune homme de 26 ans ne faisait pas partie du commando, à bord de la Seat, ayant tiré en rafales sur des terrasses de café et restaurant du Xe et XIe arrondissements de Paris. 

Selon nos informations, l'hypothèse la plus probable est en réalité que Salah Abdeslam a déposé en voiture les trois kamikazes du stade de France sur les lieux, à Saint-Denis, avant de prendre la direction du XVIIIe arrondissement de Paris. Là, il abandonne, place Albert Kahn, la Clio noire qu'il a louée à son nom. Les enquêteurs en ont la certitude puisque son portable a "borné" dans le quartier, puis, un peu plus tard, dans le sud de Paris.

"Prêt à se faire sauter" ? En revanche, les policiers ignorent encore ce qu'il s'est passé précisément. Devait-il mener une attaque dans ce quartier, évoquée par l'organisation Etat islamique dans son message de revendication, et qui n'a pas eu lieu ? Avant son exfiltration, "il était extrêmement énervé et peut-être (...) prêt à se faire sauter", a rapporté l'avocate d'un des deux hommes soupçonnés de l'avoir aidé à quitter Paris, avant de s'interroger : "N'a-t-il pas eu le courage de le faire?" A moins qu'il n'ait eu un problème technique avec sa ceinture d'explosif ? A moins qu'il n'ait rebroussé chemin et ne sois pas allé "au bout de ce qu'il souhaitait faire", a estimé dimanche son frère, Mohamed, dans une interview à la télévision belge.

  • L'identification des terroristes progresse 

Abaaoud tué, le kamikaze de Saint-Denis pas connu de la police. Dans l'assaut de Saint-Denis, mené par plus de 100 hommes du Raid et de la BRI, trois terroristes sont morts, dont deux ont été identifiés. Il s'agit d'Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel présumé des attentats, et de sa cousine, Hasna Ait Boulahcen, dont le rôle reste à déterminer. Abaaoud a été filmé dans le métro le soir des attentats. Il pourrait avoir participé aux attaques, selon les enquêteurs. Quant au troisième homme mort en kamikaze dans cet appartement de Saint-Denis, les enquêteurs ont réussi à isoler son ADN, mais celui-ci n'apparaît pas dans les fichiers de la police française. A-t-il participé directement aux attentats ? Les expertises se poursuivent.

Un kamikaze du Bataclan pas identifié. Six des sept kamikazes morts le 13 novembre ont été identifiés par les enquêteurs. Quatre d'entre eux sont Français : il s'agit de Brahim Abdeslam, frère cadet de Salah, de Bilal Hadfi, Samy Amimour et Ismaël Omar Mostefaï. Deux autres kamikazes du Stade de France, dont les identités demeurent inconnues, ont été contrôlés le 3 octobre en Grèce en passant avec des réfugiés fuyant la guerre en Syrie. Le troisième kamikaze du Bataclan reste à identifier. 

  • Des complices présumés interpellés  

Un Belge interpellé en Turquie. Un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonné selon des médias turcs d'avoir participé au repérage des cibles des attentats, a été arrêté en Turquie en compagnie de deux Syriens avec lesquels il se préparait à franchir illégalement la frontière syrienne. En Belgique, trois personnes ont été inculpées pour terrorisme : Mohamed Amri, 27 ans, Hamza Attou, 20 ans, soupçonnés d'avoir exfiltré Salah Abdeslam, et un troisième homme dont l'identité n'a pas été divulguée. Des armes ont été retrouvées au domicile de ce dernier. 

Jawad Bendaoud toujours en garde à vue. Sept des huit personnes interpellées mercredi lors de l'assaut policier à Saint-Denis, au nord de Paris, ont été relâchées, a annoncé le parquet samedi. Jawad Bendaoud, qui a fourni l'appartement de Saint-Denis à Abdelhamid Abaaoud, est en garde à vue depuis mercredi. Sa garde à vue a d'ailleurs été prolongé de 24h dimanche. Elle peut être prolongée jusqu'à mardi.