Attentats de janvier : l’agresseur "n’est pas Coulibaly", affirme le joggeur blessé

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Attentats de janvier : l’agresseur "n’est pas Coulibaly", affirme le joggeur blessé
L'auteur de la mortelle prise d'otages de l'Hyper Cacher n'est pas l'agresseur du joggeur blessé le 7 janvier 2015. @ AFP
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L’homme avait été grièvement blessé par balles le soir de l’attaque contre Charlie Hebdo, alors qu’il courait sur la coulée verte. Il est convaincu que son agresseur n’était pas Amedy Coulibaly. 

"Une couleur de peau claire". Près d’un an jour pour jour après les attaques terroristes de janvier, Romain, le joggeur blessé à trois reprises par balles, est revenu sur les faits pour la première fois auprès de BFMTV. Le trentenaire affirme que son agresseur, qui n’était pas "un Noir", ne pouvait donc pas être Amedy Coulibaly, appuyant l’hypothèse d’un complice.

"Si je reste là, je suis mort". Nous sommes le 7 janvier 2015, au soir de l’attentat ayant décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Le lendemain, une policière sera tuée à Montrouge, par Amedy Coulibaly, qui prendra ensuite en otages les clients d'une épicerie casher à Paris, le vendredi 9 janvier, faisant quatre victimes.

Vers 20h30, ce mercredi, Romain fait son jogging sur la coulée verte, à Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine. "Je vois quelqu'un qui arrive à un mètre de moi et qui me braque [...] je regarde le pistolet en premier, et ensuite je regarde son visage, ses yeux", raconte-t-il dans la vidéo diffusée par BFMTV. L’homme, à peine à un mètre de lui, le fixe aussi : "Je me dit :’si je reste là, je suis mort’".

Romain parvient à s’enfuir rapidement. Du profil de son agresseur, le jeune homme aujourd’hui lourdement handicapé, garde quelques indices en mémoire : "Un gars galbé, massif", d’environ 1,75 ou 1,80 mètres. Et une certitude : "Pour moi, ce n’est pas Amedy Coulibaly qui m’a tiré dessus".

La même arme que celle utilisée par Coulibaly. A l’époque des faits, un rapprochement avait été effectué avec Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher. L’enquête avait en effet permis d’établir que le Tokarev 7.62 saisi sur le terroriste après l’assaut de l’épicerie juive, porte de Vincennes, était la même arme avec laquelle ce joggeur de 32 ans avait été grièvement blessé. Comme le rapportait Europe 1, les enquêteurs avaient trouvé sur les lieux de l’agression cinq douilles, cinq étuis de 9mm provenant d'un pistolet de ce type.

La thèse du complice. Mais déjà à l’époque, le joggeur avait signalé aux policiers, avant de sombrer dans le coma, que le profil de son agresseur ne correspondait pas à celui d'Amedy Coulibaly. Mais, alors qui est l’agresseur de Romain ? Son témoignage vient étayer l’hypothèse que le terroriste, qui s'était par ailleurs concerté avec les frères Kouachi, ait pu bénéficier d’un ou de plusieurs complices.

"Je me sens un peu oublié". "Pour moi, le tireur n’est pas mort. […] Bien sûr, cela me hante. Ce n’est pas facile à vivre", confie aujourd’hui Romain, qui ne sait pas s’il pourra courir de nouveau. Alors que de nombreuses commémorations vont ponctuer cette première semaine de janvier, Romain se sent "un peu oublié". "Je suis quand même une victime des attentats", insiste-t-il.