Attentat évité : Sid Ahmed Ghlam mis en examen

  • A
  • A
Attentat évité : Sid Ahmed Ghlam mis en examen
@ Capture Itélé
Partagez sur :

Après avoir été déféré devant les juges, le terroriste et meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain a été mis en examen, vendredi soir. La jeune femme gardée à vue a, quant à elle, été relâchée.

Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'avoir voulu attaquer au moins une église du Val-de-Marne, a été mis en examen, vendredi soir, notamment pour "assassinat", "tentative d'assassinats" et "association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes", le tout en relation avec une entreprise terroriste, a-t-on appris de source proche du dossier. Auditionné dans l'après-midi par les juges d'instruction, le suspect "conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés" a déclaré l'un de ses avocats, Me de Vallois.

Meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain. L'Algérien de 24 ans est soupçonné par les enquêteurs d'avoir tué Aurélie Châtelain, tuée par balle et retrouvée dimanche matin dans sa voiture à Villejuif, en banlieue du sud de Paris où il aurait envisagé d'attaquer une ou deux églises catholiques. Il a été placé en examen pour les chefs requis par le parquet un peu plus tôt vendredi par le parquet, qui a ouvert une information judiciaire : "assassinat", "tentative d'assassinats" et "association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes", en relation avec une entreprise terroriste.

Interpellé suite à son propre appel au SAMU. Sid Ahmed Ghlam, connu des services de renseignement depuis le printemps 2014 pour s'être radicalisé, est également mis en examen des chefs - eux aussi à caractère terroriste - de port et transport d'armes de catégorie A et B, de vol et recel de vol en bande organisée, de recel de vol par effraction et d'usage de fausses plaques d'immatriculation. Il avait été interpellé dimanche matin, après avoir appelé les secours pour une blessure par balle à la cuisse. A son véhicule et son domicile, dans le 13ème arrondissement de Paris, les enquêteurs avaient mis la main, dimanche, sur un véritable arsenal de guerre ainsi que sur une liste de cibles potentielles en vue de commettre un attentat.C'est donc fortuitement que son projet d'attaque présumé a été contrecarré, moins de quatre mois après les attentats de Paris ayant coûté la vie à 17 personnes.

Entendu dans la journée... Assisté de deux de ses trois avocats, Gilles-Jean Portejoie et Matthieu de Vallois, cet étudiant en électronique a été auditionné vendredi après-midi par les juges d'instruction du pôle antiterroriste, dans sa chambre de l'Hôtel Dieu, à Paris, où il est en garde à vue médicalisée depuis cinq jours. Jeudi, le parquet avait prolongé sa garde à vue au-delà des 96 heures habituelles en matière de terrorisme, redoutant que ce dernier n'ait des complices en liberté susceptibles de commettre un attentat.

... Il conteste "vigoureusement" les faits. A l'issue de cette audition, l'un de ses avocats, Me de Vallois a affirmé que le terroriste présumé "contestait vigoureusement tous les faits qui lui sont reprochés". Face aux enquêteurs, Sid Ahmed Ghlam "était peu disert, mais il s'est exprimé sur certains points et il s'exprimera sur d'autres quand il sera entendu par le juge d'instruction vraisemblablement dans le courant du mois de juin", a relaté Me Christian Benoit, le troisième de ses conseils. "Il est tout à fait serein et nous attendons nous aussi sereinement le débat devant le juge des libertés", a ajouté un autre de ses avocats, Me Gilles-Jean Portejoie. Le juge des libertés et de la détention doit en effet statuer, vendredi soir, sur l'éventuel placement en détention provisoire du supect, requis par le parquet.

La femme arrêtée à Saint-Dizier relâchée. Par ailleurs, la jeune femme de son entourage arrêtée, mercredi matin, à Saint-Dizier, où réside la famille du suspect, "a été laissée libre à l'issue de sa garde à vue", a annoncé le procureur François Molins, vendredi à la mi-journée. Chez elle, les hommes de la Crim' avaient retrouvé des clefs de chiffrement, des documents expliquant comment coder des messages. Originaire de Brest, cette mère de deux garçons en bas âge, âgée de 25 ans, vivait  depuis six à sept mois dans un pavillon d'un quartier populaire de la ville. C'est à la mosquée du quartier qu'elle aurait fait la connaissance de l'une des sœurs de Sid Ahmed Ghlam.

Désormais, le juge des libertés et de la détention devrait statuer, dans la soirée, sur son placement en détention provisoire, requis par le parquet.

>> LIRE AUSSI - Attentat évité : le suspect a-t-il bénéficié de soutiens ?

>> LIRE AUSSI - Attentat évité : Sid Ahmed Ghlam piloté depuis la Syrie ?

>> LIRE AUSSI - Un attentat "évité" à Paris : ce qu'on sait du suspect interpellé ?