Attentat évité : le suspect a-t-il bénéficié de soutiens ?

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avec Noémie Schulz et Frédéric Michel , modifié à
Les enquêteurs recherchent le ou les complices qui auraient pu aider le terroriste présumé dans ses projets d'attentats.

Kalachnikov, pistolets, munitions, gilets pare-balles. Voici l'arsenal retrouvé dans la voiture et au domicile de Sid Ahmed Ghlam par les enquêteurs, depuis son arrestation dans le 13 arrondissement de Paris dimanche. Comment un étudiant de 23 ans a-t-il pu se payer un tel équipement ? C'est une des zones d'ombres dans ce dossier que les hommes de la Brigade criminelle de la PJ parisienne cherchent à éclaircir. Ils ont d'ores et déjà la certitude que l'homme, dont la garde vue a été prolongée jeudi de 24 heures, a bénéficié d'un soutien logistique.

"Trouver une bonne église avec du monde". Les enquêteurs ont la preuve que Sid Ahmed Ghlam était en contact avec une personne se trouvant sans doute en Syrie. Une sorte de donneur d'ordres avec qui il échangeait des emails et qui lui aurait notamment demandé de "trouver une bonne église avec du monde". C'est également ce commanditaire qui lui aurait donné des instructions pour récupérer des armes cachées dans une voiture Renault Mégane, garée à Aulnay-sous-Bois, et dans laquelle le suspect est venu à deux reprises récupérer tout un arsenal militaire. Les hommes de la Crim' passent donc au peigne fin ce véhicule pour tenter de récupérer des traces ADN appartenant peut-être à son propriétaire.

Car les enquêteurs sont également à la recherche d'éventuels complices, en France. Ce qui les interroge, c'est la quantité de matériel saisi : quatre kalachnikovs, deux pistolets automatiques, plusieurs gilets par balle. Ce qui semble beaucoup pour un seul terroriste.

Une femme interpellée à Saint-Dizier. Il y a également cette femme interpellée mercredi à Saint-Dizier, en Haute-Marne. Âgée de 25 ans et convertie à l'islam depuis un peu plus de deux ans, elle serait une proche du jeune homme. Originaire de Brest, cette mère de famille vivait dans un pavillon d'un quartier populaire de la ville, aux volets toujours fermés, depuis six à sept mois avec deux garçons en bas âge, selon des voisins. C'est à la mosquée du quartier qu'elle aurait fait la connaissance de l'une des sœurs de Sid Ahmed Ghlam. Selon la famille de l'étudiant, la jeune femme avait souhaité un temps l'épouser, mais il n'a pas voulu. Elle n'était pas en couple avec le suspect, a affirmé la sœur de cette femme, auprès d'Europe 1, précisant par ailleurs qu'elle avait été mariée trois mois à un musulman pratiquant avant de se séparer.

Mais était-elle au courant des projets terroristes du jeune Algérien ? Pour l'instant, la jeune mère de famille se montre en tout cas peu coopérative avec les enquêteurs et nie appartenir à un islam radical. Chez elle, ils ont pourtant retrouvé des clefs de chiffrement, des documents expliquant comment coder des messages. On ne sait pas si elle s'en est servi, mais cela rend son implication possible.

Et s'il était seul ? A contrario, d'autres éléments laissent penser aux enquêteurs que Sid Ahmed Ghlam était seul dans son projet terroriste. L'étudiant, décrit comme plutôt bonne élève, semble s'être radicalisé dans son coin, sans que sa famille ne s'en aperçoive. A son domicile, les policiers ont retrouvé plusieurs notes manuscrites avec la phrase énigmatique "par Dieu nous nous vengerons".

Enfin, il y a ce réflexe surprenant dimanche matin, quand il se tire accidentellement une balle dans la jambe. C'est lui qui alerte les secours. Il n'avait donc aucun complice à proximité, personne pour l'aider. Et malgré l'arsenal qu'il avait avec lui, retrouvé dans sa voiture par les policiers, Sid Ahmed Ghlam a préféré se jeter dans la gueule du loup.

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