Attentat déjoué : prolongation exceptionnelle de garde à vue pour cinq suspects

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Attentat déjoué : prolongation exceptionnelle de garde à vue pour cinq suspects
@ REMY GABALDA / AFP PHOTO / AFP
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Devant la menace d'un attentat imminent sur le sol français, les gardes à vue des cinq suspects arrêtés à Strasbourg et Marseille ont été prolongées.

Les gardes à vue des cinq suspects dans l'enquête sur un attentat djihadiste déjoué ont été prolongées jeudi matin au-delà des 96 heures, de manière exceptionnelle, a indiqué une source judiciaire.

Jusqu'à six jours de garde à vue. Une telle prolongation, qui peut porter les gardes à vue à une durée totale de 144 heures, soit six jours, n'est possible que lorsque les investigations font craindre une menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale. Les arrestations dans la nuit de samedi à dimanche, à Strasbourg et à Marseille, ont permis de "mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date" en France, a affirmé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

En lien avec la Syrie. Le 14 novembre, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait été alertée par un renseignement sur un passage à l'acte imminent. Les investigations, qui avaient débuté en février, avaient conduit à une première série d'interpellations le 14 juin. Deux Français, liés au réseau, avaient été mis en examen et écroués, soupçonnés d'avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes. D'après les investigations, ils étaient en contact avec un donneur d'ordre en Syrie, d'où l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) a commandité plusieurs attentats en France.

Une liste de cibles potentielles. Lors des gardes à vue, l'un des quatre suspects arrêtés à Strasbourg ce week-end a reconnu l'existence d'un projet d'attaque. Il a évoqué plusieurs cibles comme le 36 Quai des Orfèvres, siège de la PJ parisienne, sur l'île de la Cité, qui apparaissait déjà dans les investigations, ou la DGSI. Mais les enquêteurs pensent que les suspects, dont il n'est à ce stade pas établi qu'ils aient fait des repérages, "n'avaient pas encore de projet précis et affiné", a indiqué une source policière. A partir des investigations sur les téléphones et ordinateurs saisis chez les suspects, d'autres cibles potentielles ont pu être établies, comme des lieux de culte ou un parc d'attraction.