Arrestation de Salah Abdeslam : "Tôt ou tard, on les identifiera tous"

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Si l'arrestation de Salah Abdeslam est plus symbolique que significative pour Daech, elle reste le signe de la pugnacité des services antiterroristes européens, estime David Bénichou, juge antiterroriste.

Au lendemain de l'arrestation de l'ennemi public numéro 1, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'était félicité de ce "coup important porté à Daech". Si l'interpellation de Salah Abdeslam, vendredi à Molenbeek, est en effet "symbolique", David Bénichou, vice-président chargé de l’instruction au pôle anti-terroriste du TGI de Paris, a nuancé son impact réel sur l'organisation terroriste, lundi, dans la Matinale d'Europe 1. 

Des victoires toutes les semaines. "On est face à une organisation qui compte des milliers de combattants. Ce n’est certainement pas l’arrestation d’un fugitif en Europe" qui change tout, a-t-il souligné sur Europe 1, lundi matin. "Chaque semaine, on procède à des arrestations d'individus qui sont sur le point de passer à l’action, qui préparent des projets terroristes, et des cibles sont touchées dans les zones irako-syriennes. Il y a des victoires toutes les semaines", a défendu David Bénichou. S’il ne peut pas préciser le nombre d’arrestations de ce type pour préserver les enquêtes en cours, le juge antiterroriste l’affirme sans détour : "C’est une réalité, la menace est là". 

L'Europe, "pas un sanctuaire pour Daech". Pour autant, l'arrestation de Salah Abdeslam est un "signal envoyé aux terroristes", note le vice-président en charge du pôle antiterroriste au tribunal de Paris. Le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre a bénéficié tout au long de sa cavale d'une "solidarité amicale ou familiale". En dépit de cet appui, les services belges et français sont parvenus à le débusquer. Un terroriste "ne peut pas se cacher aussi longtemps que ça en Europe", s'est réjoui David Bénichou. "L’Europe ne peut pas être un sanctuaire pour Daech. Tôt ou tard, on les identifiera tous", a-t-il assuré.

Un manque de moyens ? Si les magistrats et les politiques se satisfont globalement de la coopération antiterroriste européenne, la question du manque de moyens demeure. A ce jour, près de 1.000 personnes représentant une menace terroriste sont suivies par les services judiciaires français. "On est confronté à un effet d’échelle. Et pour assurer un suivi judiciaire strict, il faut des moyens", a déclaré le magistrat. "Quand on est dans l’action, on voudrait toujours travailler plus vite et avec plus de moyens. Mais on n’est pas dans une dictature, avec des effectifs de sécurité pléthoriques pour quadriller la population". Pour David Bénichou, la question du contrôle des identités aux frontières se pose. "Quand on regarde les différentes affaires, on a toujours des gens qui sont sortis du radar à un moment", a-t-il déploré, avant de prédire : "Si on réussit à identifier en tout point du territoire tout individu, on réussira à se prémunir d’un certain nombre d’actions".