Arnaque au logement à Grigny

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Arnaque au logement à Grigny
@ Max PPP
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Une mafia locale fracture les portes des logements vides pour les relouer illégalement.

L'arnaque au logement, révélée par Le Parisien, est d'une rare envergure. En l'espace de 6 mois, une centaine de propriétaires ont vu leur appartement occupé par des squatteurs, à Grigny, dans l'Essonne. Une "mafia locale" fracture les portes des logements vides pour les relouer illégalement. Une enquête a été ouverte, mais, pour l'heure, aucun des faux propriétaires n'a été interpellé.

"Parfois, les propriétaires sont juste en vacances, en week-end ou partis faire leurs courses, et leur logement est squatté à leur tour", indique la police de l'Essonne, contactée par Le Parisien. Le groupe profite en effet de l'absence des propriétaires pour s'introduire dans leur logement, changer la serrure et se muer en agents immobiliers. Généralement, une caution et plusieurs mois de loyer d'avance sont réclamés aux locataires peu regardants. Après avoir signé un bail illégal, ces derniers s'installent dans le logement.

Les propriétaires pas assurés de retrouver leur logement

Ismaïla, mère célibataire d'un enfant scolarisé à Grigny, est l'une de ces squatteuses. Elle assure toutefois qu'elle n'était pas au courant de l'arnaque. "Je ne le savais pas, je paie un loyer chaque mois", explique-t-elle au Parisien. "Je suis entrée ici sans forcer la porte. On m'a donné les clés. Comment aurais-je pu savoir que c'était un faux propriétaire ?", poursuit-elle. Le vrai propriétaire a pris connaissance de la supercherie il y a quelques jours. Il a depuis engagé une procédure judiciaire pour récupérer son logement.

Mais les propriétaires ne sont pas assurés de retrouver leur logement. Deux options sont en effet possibles : les squatteurs sont poursuivis pour violation de domicile et expulsés rapidement, ou, si l'intrusion n'est pas constatée dans les 48 heures et que le logement n'est plus meublé, la police ne peut intervenir directement. Une procédure qui peut prendre jusqu'à 5 mois et coûter entre 2.500 et 5.000 euros est engagée.

"Je me sens impuissant"

"La seule chose que l'ont peut conseiller, c'est de ne jamais laisser son appartement vide. Même en cas de déménagement. Et de se munir d'une alarme pour qu'on intervienne rapidement", explique la police de l'Essonne.

Eric, propriétaire d'un studio de 30 m² dans un immeuble du quartier de Grigny, n'avait pas pris ces précautions. Début janvier, il a mis son appartement en vente, mais quelques jours plus tard, il a appris que le logement était squatté. "Les squatteurs paient un bail à quelqu'un d'autre. Ils ont même pu prendre un contrat EDF. Je me sens impuissant", s'indigne Eric dans Le Parisieb. Ce dernier a déposé plainte, mais la police ne peut pas intervenir. Cet événement retarde donc la vente de son logement et risque même de l'annuler.