Arbitrage Tapie : l'homme d'affaires réclame 1 milliard à l'Etat

  • A
  • A
Arbitrage Tapie : l'homme d'affaires réclame 1 milliard à l'Etat
@ AFP
Partagez sur :

Un avocat de Bernard Tapie assure avoir mis la main sur la preuve que le Crédit Lyonnais l'avait floué en réalisant à son insu une plus-value record autour de la vente d'Adidas en 1993. 

Tapie contre-attaque. Fort d'un nouvel avocat, l'homme d'affaires de 72 ans s'apprête à réclamer à l'Etat l'impressionnante somme d'un milliard d'euros, révèle Le Monde. Ce nouvel épisode dans un feuilleton de 20 ans né de la vente d'Adidas, s'écrira ainsi devant la cour d'appel de Paris, qui doit réexaminer le 29 septembre prochain le litige qui l'oppose au Crédit Lyonnais.

La défense de Bernard Tapie assure avoir mis la main sur un document prouvant que la banque l'a trompé dans cette transaction, à la base de ce contentieux tranché en 2008 par un arbitrage désormais contesté. Une décision, invalidée en février dernier par la cour d'appel, et qui vaut une double mise en examen à Bernard Tapie

Une note rédigée par un banquier du Crédit Lyonnais. C'est au fond du conflit que s'attaque Me Emmanuel Gaillard, l'avocat de Bernard Tapie. Dans cette affaire, l'ancien président de l'OM estime avoir été floué par la banque, qui aurait réalisé une importante plus-value à son insu avec la vente. Or l'Etat est impliqué dans ce dossier par le biais du Consortium de réalisation (CDR), l'organisme public chargé en 1995 de gérer l'héritage du Crédit lyonnais. 

Selon Le Monde, le conseil de l'homme d'affaires aurait "mis la main sur un document, signé par un banquier mandaté par le Crédit lyonnais et daté du 1er février 1993", qui permettrait de "prouver que la banque a sciemment trompé Bernard Tapie". Il s'agit d'une note qui, d'après l'avocat, démontrerait que "dès le départ, la banque avait imaginé de capter la plus-value résultant de la mise en bourse d’Adidas à un montant qui pouvait atteindre 2,09 milliards d’euros". Problème : en février 2013, Bernard Tapie avait revendu la marque aux trois bandes à un pool d’actionnaires pour le montant nettement inférieur de 318 millions d’euros.

Plainte contre un policier de la brigade financière. Et Bernard Tapie ne s'arrête pas là, selon le quotidien. L'homme d'affaires ouvre également un second front en demandant à un autre de ses avocats de déposer une plainte au parquet de Paris pour "faux, usage de faux, faux en écriture publique, escroquerie et tentative d’escroquerie", contre un commandant de police de la brigade financière. Ce fonctionnaire est l'auteur du rapport de synthèse rédigé en juillet2014, selon lequel que les investigations autour de l'arbitrage ne permettaient pas de "donner crédit à la thèse de Bernard Tapie et aux conclusions des arbitres".

Pour mémoire, l'arbitrage en question avait accordé 403 millions d'euros à Bernard Tapie pour solder ce litige.