Euro 2016 : après les heurts à Marseille, quel dispositif pour les prochains matches à risque ?

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Euro 2016 : après les heurts à Marseille, quel dispositif pour les prochains matches à risque ?
@ AFP
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Les violents débordements samedi à Marseille, en marge du match Angleterre-Russie, inquiètent pour la suite de la compétition.

35 blessés dont quatre graves, et trois policiers légèrement atteints. C'est le bilan du premier match à risque de l'Euro 2016, Angleterre-Russie, qui s'est déroulé samedi soir, au stade Vélodrome de Marseille. Les autorités françaises ont-elles sous-estimé la menace des hooligans ? Dans un communiqué diffusé dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve  a dénoncé des "exactions inadmissibles" provoquées par "des hordes alcoolisées", estimant toutefois que le dispositif d'ordre instauré "était correctement dimensionné". Alors que des critiques émergent - pointant des failles dans le dispositif de sécurité – et que trois matches à risque se profilent, les mesures de sécurité vont être renforcées. 

Restrictions sur l'alcool. Des restrictions sur les ventes d'alcool et la circulation des auteurs de violences vont être prises par les autorités françaises. Bernard Cazeneuve a invité les préfets, dans une circulaire dont les instructions avaient déjà été données, à "prendre toutes les mesures visant à prohiber, les veilles et jours de matches, et les jours d'ouverture des fan zones dans les périmètres sensibles, la vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées". 



Si certains préfets avaient déjà pris leurs dispositions, d'autres n'ont pas tardé à prendre des arrêtés. Lundi, alors que Lyon accueillait son premier match (Belgique-Italie) dans la soirée, le préfet du Rhône Michel Delpuech a annoncé l'interdiction de la vente d'alcool à emporter aux supporters les jours de match de l'Euro dans l'agglomération de Lyon, soit 59 communes. Idem du côté de Toulouse et Marseille, où des mesures similaires ont été prises.

Et reconduite à la frontière. Les préfets pourront également "interdire en terrasse les contenants susceptibles d'être utilisés comme projectiles", précise la circulaire. Et les supporters étrangers "dont le comportement trouble l'ordre public" pourront être expulsés, tandis que tout supporter interpellé lors d'un incident pourra être interdit de fréquenter les stades, les fan zones et certains quartiers des villes hôtes les veilles et jours de match. 

La menace de disqualification. L'UEFA, chargée de l'organisation de la compétition, est elle aussi montée au créneau dimanche après avoir exprimé son "plus grand dégoût". L'instance européenne de football a ouvert une procédure disciplinaire à l'encontre de la Fédération russe de football (RFU) suite au comportement des supporters russes au coup de sifflet final, au Vélodrome, samedi soir. Une décision saluée par Bernard Cazeneuve dans son communiqué, déclarant qu'il est nécessaire que "les fédérations nationales des pays dont les supporters créent des incidents soient pénalisés à hauteur des troubles qu'ils engendrent".

MARSEILLE

L'UEFA a d'autre part menacé l'Angleterre et la Russie de "disqualification" du tournoi "en cas de nouvelles violences" commises par leurs supporters, et s'ils ne se comportaient pas à l'avenir "de façon responsable et respectueuse". Le comité exécutif de l'UEFA se réunit mardi pour décider d'éventuelles sanctions.  

Un dispositif "renforcé" au cœur des stades. Chargée de la sécurité au sein des stades, l'instance européenne de football a par ailleurs reconnu dimanche des "insuffisances", notamment "des problèmes de séparation" entre supporters au Vélodrome, alors que des incidents sont survenus en tribunes, juste après le coup de sifflet final du match Angleterre-Russie (1-1). Sur certains matches, une simple cordelette ou une rangée de stadiers ont ainsi pu faire office de "séparation". L'irruption d'un Croate sur la pelouse du Parc des Princes, dimanche, après l'ouverture du score par son pays contre la Turquie, interpelle également. Le match Turquie-Croatie faisait en effet partie des cinq rencontres à risque.

Pour les prochains matches à risque, l'UEFA a donc promis un "dispositif renforcé" du personnel de sécurité dans les stades de l'Euro 2016 en "collaboration avec les autorités françaises". Pour l'instant, l'intervention des forces de l'ordre n'est pas autorisée à l'intérieur des stades. Mais vu l'ampleur de la bousculade et des empoignades, samedi au cœur du Vélodrome, l'UEFA a annoncé que le sujet allait être mis sur la table lors de la réunion, mardi matin. 

Quid du prochain match avec la Russie ? S'il n'est pas classé à risque, le match Russie-Slovaquie, qui se tiendra le lendemain de cette réunion, mercredi à 15 heures, à Villeneuve d'Ascq, est le premier de l'équipe russe depuis les violentes échauffourées à Marseille. Les autorités locales sont-elles inquiètes ? Et comment comptent-elles faire face aux risques de débordements ? Gérard Caudron, maire PS de la commune, a indiqué sur Europe 1 : "Je ne peux pas vous dire, deux jours à l'avance, ni toutes les mesures qui seront prises - ce serait leur donner des informations -, ni qu'il n'y a pas de risque."  

A deux jours du coup d'envoi, l'édile socialiste se veut rassurant : "Dans le Nord, on est habitués à organiser des grandes compétitions […] et on arrive toujours à peu près à les réguler". Gérard Caudron ajoute : "Je pense que les autorités de l'Etat doivent renforcer leurs menaces par rapport aux pays d'origine. Et tous ensemble, on va aussi renforcer nos dispositifs. Un arrêté du préfet est en cours de préparation pour recadrer encore davantage le match de mercredi. J'attends cet arrêté pour le mettre ensuite en application avec mes collaborateurs."