Antibes : évacuation d'une centaine de Roms qui squattaient près du port

  • A
  • A
Antibes : évacuation d'une centaine de Roms qui squattaient près du port
"Il ne manquait plus que les tanks", a dénoncé Viorel Costache, de Prales.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
Partagez sur :

Avec le concours de la Croix-Rouge et plus d'une centaine de CRS, un campement de Roms a été évacué à Antibes. 

Un campement où étaient installés environ une centaine de Roms depuis 2014 près du port d'Antibes, dans les Alpes-Maritimes, a été évacué mercredi matin dans le calme avec le concours de la Croix-Rouge et de plus d'une centaine de CRS. 

Une famille avec enfants relogée. L'évacuation, demandée notamment par la mairie, est intervenue après trois décisions de justice visant ce campement à "l'insalubrité grandissante", selon la préfecture, qui a précisé qu'une famille ayant des enfants scolarisés et assidus à l'école avait été relogée. Prévenu par des affichettes depuis lundi, la moitié des familles avaient quitté le squat avant l'arrivée des forces de l'ordre. Sur place, des bénévoles d'Amnesty International et de l'association de défense des Roms Prales ont dénoncé la "disproportion" des forces de police déployées "digne d'une opération anti-terroriste".

Des caravanes usagées. "Il ne manquait plus que les tanks", a dénoncé Viorel Costache, de Prales, selon lequel "il y avait environ une centaine de personnes dont un quart d'enfants, des Roms mais aussi des Polonais, des Lituaniens, des Bulgares" installés sur un parking sans point d'eau ni toilettes et dans des squats voisins en contrebas d'une ligne SNCF. La plupart occupaient des caravanes usagées offertes par des propriétaires de campings après que les Roms soient venus les aider au nettoyage après les inondations meurtrières de 2015.

40 personnes non identifiées. "On avait essayé d'avoir un petit délai pour que les familles puissent fêter Pâques ici et pas sur le trottoir", a regretté Cathy Lipszyc d'Amnesty, faisant aussi observer que la plupart ne savaient pas où aller ensuite, à l'image de Lucian Jegu, 21 ans et sa femme enceinte Ionela-Fiorentina, originaire de Bucarest et qui vivait là depuis six mois, de petits boulots non déclarés et de mendicité. "On est conscients que ce sont des gens à la rue et que ce n'est pas satisfaisant mais l'état sanitaire dans lequel ils étaient était immonde et le problème c'est que ce matin, on a découvert 40 personnes non identifiées. Il y en a toujours des nouveaux qui arrivent", a expliqué pour sa part Stéphane Pintre, directeur général des services de la mairie d'Antibes.