Anti-acné : une plainte après un suicide

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Anti-acné : une plainte après un suicide
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Une habitante de Meurthe-et-Moselle a porté plainte contre une dermatologue qui avait prescrit du Roaccutane.

L'INFO. Une habitante de Lunéville de Meurthe-et-Moselle a porté plainte contre une dermatologue après le suicide de son fils, à qui elle avait prescrit du Roaccutane. Il s'agit d'un traitement anti-acné déjà soupçonné d'avoir entraîné d'autres suicides, a-t-on appris vendredi. L'affaire, révélée par l'Est Républicain, remonte au mois de juillet, quand Jordan, 22 ans, s'est pendu dans sa chambre. "C'est une faute professionnelle grave ayant entraîné le décès de mon fils Jordan", a estimé la mère du jeune homme. La dermatologue "a fait un suivi uniquement par prise de sang, elle n'a pas jugé bon d'orienter mon fils vers un psychologue (...) et se contentait de lui prescrire un renouvellement du traitement", a déclaré cette mère de famille ayant tenu à garder l'anonymat.

"Il ne dormait plus la nuit". Jordan était "un jeune homme intelligent, très doué avec plein de projets d'avenir (...), souriant, aimant sortir avec sa bande d'amis", a fait valoir sa mère. Mais à la suite de ce traitement "son comportement avait beaucoup changé : il ne dormait plus la nuit, s'enfermait des heures dans sa chambre, souffrait de douleurs musculaires très fortes dans le dos et de sécheresse des muqueuses" a-t-elle raconté. "Il a caché à tout le monde sa souffrance morale, jusqu'au geste fatal", selon sa mère. Elle est persuadée que "pour faire un geste pareil il ne faut plus être soi-même, c'est ce médicament qui a atteint le cerveau".

"Une soixantaine de suicides". Elle s'est rapprochée de Daniel Voidey, président de l'association française des victimes du Roaccutane et génériques (AVRG), qui a engagé des actions en justice contre Roche, Fabre et Expanscience, après le suicide de son fils Alexandre dans des circonstances similaires en 2007. "Nous avons comptabilisé une soixantaine de suicides en France et en Suisse liés à la prise de ces traitements et nous avons reçu environ 1.800 témoignages" sur leurs nombreux effets indésirables, a-t-il déclaré vendredi. Devant la polémique une étude avait été lancée en 2011 sur 1.000 patients pour analyser les effets collatéraux du Roaccutane et ses génériques. Les résultats sont attendus en fin d'année, a ajouté Daniel Voidey.