Ajaccio : quatre toiles volatilisées

  • A
  • A
Ajaccio : quatre toiles volatilisées
Les quatre toiles du musée Fesch sont des pièces inestimables.@ MAXPPP
Partagez sur :

Le gardien qui les a dérobés dit avoir été lui-même victime d'un vol. Il est en garde à vue.

C'est une histoire rocambolesque. L'employé municipal qui a subtilisé samedi quatre tableaux du musée des Beaux-arts d'Ajaccio, dit ne pas savoir où les toiles se trouvent, ayant lui-même été victime d'un vol. L'homme était toujours en garde à vue dimanche. "Sa garde à vue a été prolongée jusqu'à lundi matin, il n'y a rien de nouveau dans l'enquête", a déclaré le procureur de la République à Ajaccio, Thomas Pison.

Des mesures de surveillance ont été mises en place dans les ports et les aéroports, en Corse comme sur le continent. Les enquêteurs de la direction régionale de la police judiciaire d'Ajaccio et de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels tentaient dimanche de démêler ce double vol mystérieux.

La voiture fracturée, les tableaux envolés

Selon son propre récit, l'agent, âgé d'une quarantaine d'années, a décroché les quatre toiles lors d'une ronde samedi aux alentours de 6 heures afin d'obtenir des garanties de la part de la mairie et du préfet sur l'arrêt de la procédure d'expulsion de son logement.

Il déclare alors, devant les caméras de France 3 Corse, avoir les oeuvres en sa possession et être "prêt à les rendre" à condition qu'on lui attribue un logement. Dans la foulée, il se dénonce au commissariat, conduit les enquêteurs à son véhicule, stationné sur la route qui mène au château de la Punta, à neuf kilomètres d'Ajaccio, dans lequel il dit avoir dissimulé à l'aube les oeuvres d'art. Mais les policiers trouvent une voiture fracturée et les tableaux se sont envolés.

Des œuvres invendables

Les oeuvres dérobées - un Nicolas Poussin, un Giovanni Bellini, un Mariotto di Nardo et un anonyme ombrien du XVIe siècle - "sont répertoriées dans le monde entier et sont invendables", avait expliqué samedi le conservateur du musée Fesch, Philippe Costamagna, invitant les malfaiteurs à rendre les tableaux "sans les détruire".

Inconnu des services de police, l'employé municipal, divorcé et père d'un enfant, avait déjà fait l'objet de remontrances et de sanctions, selon le chef de la sécurité du musée Fesch, Palmiro Carta.
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui avait visité le musée en juillet 2010, a fait part de sa "consternation" et dit "suivre avec attention l'évolution de l'enquête".