Agression dans le métro de Lille : pourquoi personne n’a réagi ?

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Agression dans le métro de Lille : pourquoi personne n’a réagi ?
Gérard Lopez, psychiatre, victimologue@ DR
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VOTRE CHOIX D’ACTU DU 25 AVRIL – Une jeune femme a été agressée dans le métro lillois, devant des témoins qui n’ont rien tenté pour la défendre.

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>>> Vendredi 25 avril, vous avez été 82% à faire "Votre choix d’actu"  sur l’agression d’une jeune femme dans le métro lillois. Agressée et attouchée sexuellement, elle a dû faire face, seule, à son agresseur, les personnes présentes dans le wagon ne s’étant pas interposées. Selon Gérard Lopez, psychiatre, victimologue et fondateur de l’institut de victimologie de Paris, cette non réaction est "médicalement" normale. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas le fait "d’individualisme".



Agression dans le métro: pourquoi personne n'a...par Europe1fr

Une "disjonction" du cerveau. Le psychiatre explique que dans les situations très stressantes, "on est un peu inhibé", nos réactions changent. Ce phénomène s’amplifie avec le degré de stress. "Quand la situation devient plus stressante, le cerveau émotionnel se met à fonctionner tellement fort qu’il y a une disjonction entre l’émotion et le cerveau qui permet de réfléchir". Cette réaction, le rappelle le psychiatre, est d’ailleurs "prouvée par des scanners fonctionnels". Ce "court-circuit" priverait donc les témoins de toute réaction logique. Le victimologue remarque que souvent les personnes ayant été dans ce cas témoignent par la suite en avouant "j’ai disjoncté, j’étais à côté de la plaque".

La dynamique de groupe. Gérard Lopez remarque en revanche que "si quelqu’un réagit, tout le monde va se mettre à réagir". La dynamique de groupe prend à ce moment-là le pas sur la "disjonction". Cependant, une réaction collective peut aussi se terminer "rapidement par un lynchage". Quelle que soit la réaction du groupe, "on ne réfléchit pas beaucoup", analyse le psychiatre, car "on adopte un comportement automatique et mimétique".

Le victimologue rappelle que "la première chose pour se reconstruire est que la gravité des faits soit reconnue, ce qui est mal parti". Quant aux témoins qui n’ont pas agi, Gérard Lopez estime "qu’ils se sentent coupables et auront du mal à comprendre leur réaction".