Agression à Paris : Clément Méric est mort
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Cet étudiant de 18 ans, militant d'extrême gauche avait été frappé par des skinheads mercredi soir.

L'info. Déclaré en état de mort cérébrale dans la nuit de mercredi à jeudi, Clément Méric est mort jeudi en fin d'après-midi. Cet étudiant de Sciences-Po, âgé de 18 ans, militant d'extrême-gauche, a été battu à mort mercredi soir par des skinheads à proximité de la gare Saint-Lazare, à Paris. Quatre personnes, dont l'auteur présumé des faits, ont été arrêtés jeudi près de Paris, tandis que trois autres se sont rendues à la police et ont été placées en garde à vue. "L'horreur fasciste vient de tuer en plein Paris", a dénoncé le Parti de Gauche dans un communiqué.

Skinheads et  poing américain. En fin d'après-midi mercredi, Clément et des amis assistent à une vente privée organisée rue Caumartin à quelques mètres des grands magasins. Trois personnes - deux hommes et une femme -, "de type skinhead", selon la police, les auraient alors invectivés et bousculés. Ils étaient habillés avec des bombers et des rangers. Et selon les informations d'Europe 1, l'un des agresseurs porte un tatouage de croix gammée dans le cou.

Les skinheads sont ensuite sortis et ont attendu "avec des renforts" dehors, devant la magasin, ce groupe de quatre jeunes gens avec qui il y avait eu des échanges "très houleux". La victime a alors "été frappée par l'un des skins qui avait un poing américain et a chuté sur la chaussée en heurtant un plot au passage". Clément Méric a aussitôt été transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

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"Connotation politique". Selon les premiers éléments de l'enquête, la "connotation politique" dans cette affaire "extrême droite contre  extrême gauche" ne fait pas de doute. Les auteurs n'avaient pas été interpellés peu avant 01 heure du matin. Les enquêteurs vont désormais exploiter les vidéos des nombreuses caméras de surveillance qui quadrillent le quartier.

Engagé contre l'extrême droite. La victime est présentée comme un jeune homme gravitant dans la mouvance d'extrême gauche anti-fasciste. "Clément, connu pour son engagement contre l'extrême droite, a été lâchement agressé à Paris dans le quartier de la gare Saint Lazare", a dénoncé le Parti de Gauche. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon assure que les agresseurs appartiennent au groupe d'extrême-droite JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire) et "exige également la dissolution des Groupes d'extrême droite qui multiplient les actes de violence à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines". 

"En 2013, ce crime a eu lieu, il ne faut pas que ça se reproduise. Ces groupuscules sont responsables de ce crime, ils doivent être sanctionnés, dissouts", a demandé sur Europe 1, Alexis Corbière, le secrétaire national du Parti de Gauche.

"La marque de l'extrême droite" pour Valls. Manuel Valls a dit jeudi matin sa "totale détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l'extrême droite". "Le ministre de l'Intérieur tient à faire part de sa très vive émotion après ce drame et apporte son entier soutien à la famille de la victime", poursuit le communiqué de la place Beauvau.

Delanoë "horrifié". "J'apprends avec horreur l'agression mortelle perpétrée par des militants d'extrême droite dont a été victime un jeune militant", écrit pour sa part le maire de Paris. "Je souhaite que la police et la justice parviennent à identifier rapidement les coupables et à prendre toutes les mesures qui s'imposent", ajoute Bertrand Delanoë. "Certains Français, une minorité, pensent qu’ils peuvent faire du mal en toute impunité, et ça ce n’est pas acceptable. La République doit vraiment être plus ferme, plus dure", a lancé Samia Ghali, sénatrice des Bouches-du-Rhône, au micro d'Europe 1, jeudi matin.

Dans un tweet, l'homme d'affaires Pierre Bergé a appelé à "se mobiliser derrière Clément assassiné, faire descendre un million de personnes dans la rue, dire notre indignation et notre colère".


Un rassemblement à la mémoire de Clément est prévu jeudi soir à 18h30, place Saint-Michel.

Pour tout savoir sur cette affaire :

>> L'auteur probable des faits arrêtés

>> "L'horreur fasciste en plein Paris"

>> "J'ai vu tomber le jeune homme"

>> Agression mortelle : qui sont les JNR ?

>> Comment dissout-on un mouvement ?

>> Valls voit la marque de l'extrême droite