Affaire Tarnac : les policiers interrogés

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Affaire Tarnac : les policiers interrogés
Les avocats des mis en examen dans l'affaire Tarnac accusent les policiers d'avoir menti à propos d'une filature.@ MAX PPP
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Les avocats des mis en examen les accusent d'avoir menti à propos d'une filature.

Des policiers devant les juges. La justice a ordonné fin octobre l'audition des enquêteurs ayant participé à la surveillance des membres du groupe de Tarnac soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008 en Seine-et-Marne. Les policiers en charge de cette affaire sont accusés par les avocats des membres du groupe d'extrême-gauche de ne jamais avoir procédé à la filature d'Yildune Levy et de Julien Coupat, sur laquelle se base tout le dossier.

Un procès-verbal bancal ?

La mise en cause du couple, soupçonné d'avoir saboté une ligne SNCF en Seine-et-Marne dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, repose en effet sur le procès-verbal de la filature. Cette nuit-là, les policiers assurent avoir vu Yildune Levy et Julien Coupat près de la voie ferrée du TGV-Est pendant une vingtaine de minutes.

Pourtant, l'accusation a été fragilisée par le versement au dossier fin 2011 d'un relevé bancaire faisant état d'un retrait de 40 euros sur la carte d'Yildune Levy dans le quartier parisien de Pigalle, à 02h44 dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008. Or, selon la version des policiers, la jeune femme et son compagnon Julien Coupat se trouvaient au Trilport et à Dhuisy en Seine-et-Marne, cette nuit-là.

>> A lire aussi : Où en est l'affaire de Tarnac ?

Les ordinateurs des policiers pas saisis

Une information judiciaire a été ouverte à Nanterre pour faux et usage de faux en écriture publique. Mais les juges s'étaient opposés à l'audition de dix-huit policiers ayant participé à la filature contestée, ainsi qu'à la saisie des ordinateurs des fonctionnaires. Saisie par les avocats du groupe, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a accédé le 26 octobre dernier à leur demande concernant les auditions des policiers. Elle s'est en revanche une nouvelle fois opposée à la saisie de leurs ordinateurs.

L'un des avocats d'Yildune Levy, Me Jérémie Assous, a en revanche souligné que la cour d'appel de Versailles avait également fait droit à la demande de communication des numéros de téléphone des policiers. "On va pouvoir comparer leurs numéros avec la borne-relais qui se trouve à cinq mètres de la ligne TGV. S'ils étaient présents la nuit des faits, ils auraient activé le relais de téléphone", s'est félicité Me Assous.