Affaire Modolo : 30 ans pour le meneur

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Affaire Modolo : 30 ans pour le meneur
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Les jurés ne sont pas allés jusqu’à la perpétuité, demandée pourtant par l’avocat général.

Au terme de neuf jours d'audience, dans une ambiance très lourde, les cinq accusés dans le dossier du meurtre de William Modolo, torturé atrocement jusqu’à la mort en 2006 près d'Aix-en-Provence, ont été condamnés à des peines allant de 19 à 30 ans de réclusion criminelle. Les jurés ne sont donc pas allés jusqu’à la peine de perpétuité demandée par l’avocat général contre l'accusé principal.

Considéré comme le meneur du groupe, décrit comme le "mâle dominant", le "diable", le "dingue", Jean-Pierre Planqueel a cependant écopé de la peine la plus lourde : 30 ans de prison dont vingt ans incompressibles. Cet homme de 31 ans, qui a grandi entre foyers et familles d’accueil, et qui vivait dans la rue depuis l’âge de 17 ans, "n'attend plus rien" au-delà de ce verdict, a reconnu une de ses avocates.

Des marginaux, deux femmes

A ses côtés dans le box des accusés, Franck Julien, 39 ans, jugé pour viol avec une bouteille de bière, actes de torture et de barbarie et complicité d'assassinat, a été condamné à 28 années de détention. Alcoolique et toxicomane, ce marginal a nié avoir participé à la mise à mort, reconnaissant simplement "avoir arraché deux dents à la victime".

Dans ce dossier, Arnaud Frapech présente un profil atypique. Le fils d'avocat devenu toxicomane, "petit coq" ou "poule mouillée" selon les points de vue, était considéré comme un suiveur. Il a écopé d'une peine de 23 ans.

Deux jeunes femmes ont aussi été condamnées dans cette affaire. Aurélie Piteux était la compagne de Jean-Pierre Planqueel au moment des faits. Elle n’avait alors que 20 ans et n’avait connu jusque là dans sa vie amoureuse que des marginaux, dont certains l’auraient violée. Soupçonnée d’avoir attisé la violence contre William Modolo, elle a été condamnée à 19 ans de réclusion.

"Un sadisme de groupe"

Barbara Jean-Louis, qui travaillait à la différence des autres, comme aide-maternelle, était amoureuse de Jean-Pierre Planqueel. C’est elle qui aurait éclairé la scène de la lapidation avec son téléphone portable et qui aurait participé le plus directement à la mise à mort. Elle est cependant la seule qui a dénoncé le crime aux gendarmes. Elle a été condamnée à 23 ans de réclusion.

Au cours du procès, l'expert-psychiatre Daniel Glezer avait parlé d'un "sadisme de groupe". Le point commun des accusés : des histoires familiales mouvementées", "des personnalités mal structurées". "Je suis soulagé, mon fils va pouvoir reposer en paix", a déclaré de son côté la mère de la victime, Roselyne Modolo, après l'annonce du verdict.