Affaire Junca : un témoin clé parle

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Affaire Junca : un témoin clé parle
L'ex-compagne du principal suspect a livré un témoignage détaillé sur la mort d'Alexandre Junca en juin 2011 à Pau.@ MAXPPP
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L'ex-compagne du principal suspect a livré un témoignage détaillé sur la mort de l'enfant en juin 2011 à Pau.

L'info. Depuis plus de deux ans, elle se taisait. Mais mardi, Fatima Ennejah s'est longuement confiée dans le bureau de la juge d'instruction chargée de l'enquête sur la mort d'Alexandre Junca, dans la nuit du 4 au 5 juin 2011. L'ex-compagne du principal suspect du meurtre a assuré que l'enfant avait été séquestré dans une cave, où il a été battu, et son corps découpé. Avec ce témoignage, "le dossier a fait un pas de géant", s'est réjoui Me Sagardoytho, son avocat.

Le mystère. L'enquête n'a jamais réussi à démontrer si Alexandre, 13 ans, était mort la nuit de l'agression ou plus tard. Le corps démembré de l'adolescent avait été retrouvé en plusieurs étapes, d'abord un fémur en juin 2011, puis en octobre, sous une digue provisoire édifiée sur la rivière traversant la ville. En plus de Mickaël Baehrel et de Fatima Ennejah, deux autres personnes, Mike, un ami du marginal, et Claude Ducos, ont été mises en examen pour assassinat avec actes de torture et de barbarie et séquestration de plus d'une semaine, en bande organisée, d'un mineur de moins de quinze ans.

Le témoignagne. Fatima Ennejah a affirmé à la magistrate avoir entendu des cris provenant de la cave mitoyenne à son appartement, situé au rez-de-chaussée. La jeune femme met aussi en cause son ex-compagnon, Mickaël Baehrel, le principal suspect qui avait avoué "avoir frappé" Alexandre avec un marteau "parce qu'il avait la rage", avant de revenir sur ses déclarations. "Elle dit également qu'elle entend crier Baehrel : 'Ferme la ! Prends ça ! ' Puis les cris cessent", détaille Me Sagardoytho dans les colonnes de La République des Pyrénées.

La témoin explique également qu'elle a vu le corps d'Alexandre, gisant dans la cave, le lendemain matin. Prenant conscience de ce qui s'est joué la nuit précédente, elle assure avoir voulu aller au commissariat. Mais en chemin, elle dit avoir rencontré son compagnon, un homme violent qui la bat souvent. Il l'aurait alors menacée et Fatima Ennejah aurait renoncé.

Un autre souvenir intéresse les enquêteurs : Fatima Ennejah assure que le corps de l'enfant a été découpé. "Elle met en cause Claude Ducos, le septuagénaire de Cabidos qui avait des relations homosexuelles avec Baehrel. Et qui aurait donc bien participé à ce crime indicible et à la disparition du corps de l'enfant", précise Me Sagardoytho.

Des perquisitions. Après ces révélations, la juge d'instruction a ordonné des perquisitions au domicile de l'époque de Fatima Ennejah et dans la cave. Mais "l'immeuble où vivait Fatima Ennajah a été totalement rénové et la cave désignée comme lieu du crime est pleine de gravats", précise La République des Pyrénées.