Affaire Grégory : Murielle Bolle déférée à Dijon pour être présentée à la juge d'instruction

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Affaire Grégory : Murielle Bolle déférée à Dijon pour être présentée à la juge d'instruction
@ PATRICK HERTZOG / AFP
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Plus de 32 ans après le meurtre de Grégory, Murielle Bolle, témoin-clé de l'affaire interpellée mercredi, est déférée à Dijon pour être présentée à la juge d'instruction.

Murielle Bolle, entendue depuis mercredi dans les Vosges pour "complicité d'assassinat" dans le cadre de l'affaire Grégory, va être déférée à Dijon devant le parquet général avant d'être présentée à la juge qui instruit le dossier, a annoncé jeudi son avocat.

Mise en examen ou placée sous le statut de témoin assisté. Cette femme de 48 ans, témoin clé de l'affaire en 1984, avait été interpellée mercredi à son domicile de Granges-sur-Vologne et conduite dans des locaux de la gendarmerie à Saint-Etienne-lès-Remiremont, pour être interrogée une nouvelle fois, plus de 32 ans après la mort du petit garçon de quatre ans. La juge d'instruction pourrait la mettre en examen ou la placer sous le statut de témoin assisté.

À l'origine de l'arrestation de Bernard Laroche. Les 2 et 3 novembre 1984, Murielle Bolle, 15 ans, avait déjà été placée en garde à vue par les gendarmes. L'adolescente avait alors été à l'origine de l'arrestation du premier suspect, son beau-frère Bernard Laroche dont les époux Jacob étaient proches, en livrant un témoignage accablant à son encontre, avant de se rétracter brusquement. Ce dernier avait été remis en liberté début 1985 puis tué par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

"Le niveau de l'enquête est très bas" selon son avocat. Après la mise en examen d'un grand-oncle et d'une grand-tante de l'enfant, qui étaient proches de Bernard Laroche, il y a deux semaines, Murielle Bolle avait été interpellée mercredi à son domicile de Granges-sur-Vologne et conduite dans des locaux de la gendarmerie à Saint-Étienne-lès-Remiremont pour être interrogée. "C'est encore la même soupe qu'on lui ressort, elle est indigeste", a déploré son avocat, pour qui "le niveau de l'enquête est très bas" et "c'est vraiment très pauvre, en termes d'éléments nouveaux, 32 ans après". "On a sorti quelques témoignages de cousins éloignés qui sont venus dire qu'elle aurait dit en sortant des gendarmes (fin 1984, ndlr) qu'elle avait dit la vérité", a poursuivi Me Teissonnière, qui juge ces témoignages "dépassés".

"Des problèmes de mémoire". Murielle Bolle, "c'est pas quelqu'un de bavard", elle s'exprime "souvent par phrases très courtes". "Souvent elle dit qu'elle ne se souvient pas, il y a des problèmes de mémoire mais elle est formelle sur un certain nombre de points essentiels du dossier, sur lesquels elle n'a pas varié", a insisté le conseil. Elle a réexpliqué "pour quelles raisons elle a maintenu ses affirmations fausses (devant les gendarmes et le juge d'instruction en 1984, ndlr) parce qu'elle avait été menacée et qu'elle ne s'est pas rendue compte des conséquences que ce qu'on lui faisait dire auraient sur sa famille, la conséquence la pire étant la mort de Bernard Laroche", a ajouté Me Teissonnière, pour qui "le scénario est de plus en plus lamentable dans ce dossier".