Police : un commissaire de l'IGPN suspendu

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Police : un commissaire de l'IGPN suspendu
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SANCTION - Un commissaire de l'IGPN, proche du syndicaliste policier Jo Masanet, a été suspendu vendredi. Il est soupçonné d'avoir profité de ses "largesses" et de l'Association nationale d'action sociale.

Cette "affaire dans l’affaire" pourrait produire un nouveau séisme dans la police. L'association chargée des œuvres sociales de la police est au cœur d'une vaste enquête sur des malversations présumées. Si bien que son président, figure du syndicalisme policier, a été écroué et qu’un haut responsable de la "police des polices" vient d'être suspendu. Il est soupçonné d'avoir profité de ses "largesses" et de l'Association nationale d'action sociale.

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Jo Masanet, une figure emblématique dans la police. Après la chute de Bernard Petit, patron du 36 Quai des Orfèvres soupçonné de fuites dans une enquête la semaine dernière, un homme également mis en examen dans ce dossier a été écroué il y a tout juste une semaine. Il lui est notamment reproché des malversations financières. Et cet homme n’est pas n'importe qui. Joaquin, dit "Jo", Masanet est un ancien syndicaliste policier qui avait la réputation de faire et défaire les carrières de hauts fonctionnaires.

Il se targue aussi d'être un proche du président François Hollande. Jo Masanet avait notamment été très actif dans la campagne de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle de 2007. Il a été mis en examen et écroué vendredi dernier dans l'affaire des fuites à la PJ parisienne.

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Soupçonné de s’être enrichi par l’intermédiaire de l’Anas. Mais depuis les débuts de cette enquête, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'est aussi penchée sur la gestion de l'Association nationale d'action sociale (Anas) des personnels de la place Beauvau, un mastodonte qui gère les œuvres sociales de la police et dont il est le président. L'Anas gère plusieurs centres de vacances et une structure d'accueil pour les policiers en détresse. Son budget annuel est de plusieurs millions d'euros. Dans ce volet financier de l'enquête, Joaquin Masanet a été mis en examen pour abus de confiance aggravé.

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L'IGPN a passé ses comptes au crible et suspecte Jo Masanet de "s'être enrichi" notamment, selon des sources policières, pour éponger des dettes de jeu de quelque 80.000 euros. De possibles surfacturations, d'un montant d'environ 400.000 euros, ont été mises au jour dans le cadre de la construction d'une piscine dans un centre de vacances géré par l'Anas par exemple, selon ces sources.

Un policier qui enquête sur les faits… lui aussi inquiété. Ce n'est pas tout : le numéro 2 de l'IGPN, le service qui a enquêté sur les fuites, a été suspendu jeudi de ses fonctions en marge de l'enquête sur ces malversations présumées, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier. Ce commissaire de 57 ans, Eric Draillard, est soupçonné par sa hiérarchie d'avoir profité de "largesses" de Jo Masanet et de l'Anas, selon des sources proches du dossier.

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La direction générale de la police nationale (DGPN) a confirmé vendredi cette "mesure conservatoire" prise dans le cadre d'une "enquête administrative" et décidée "eu égard aux fonctions" occupées par ce haut fonctionnaire qui dirigeait l'antenne parisienne de la "police des polices".

Et l'enquête "ne fait que débuter", selon plusieurs sources proches de l’enquête. Les trésoriers ont été entendus cette semaine et de nombreuses perquisitions menées au siège de l'Anas à Joinville-le-Pont et au domicile de Jo Masanet.