Aéroport de Roissy : 15 employés privés de leur emploi par Vigipirate

  • A
  • A
Aéroport de Roissy : 15 employés privés de leur emploi par Vigipirate
@ AFP
Partagez sur :

Les délais d'enquête de moralité explosent depuis les attentats de moralité, sclérosant la situation de certains salariés de l'aéroport, privés de badges d'accès.

Quand les conséquences du plan Vigipirate frôlent le surréalisme. Certains salariés de l'aéroport de Roissy ne peuvent tout simplement plus travailler. La raison ? Leur badge, seul sésame leur garantissant l'accès aux installations, n'a pas été renouvelé. Depuis les attentats du mois de janvier et le durcissement du plan Vigipirate, les contrôles au sein de l'aéroport sont encore plus stricts. Les délais de l'enquête de moralité, qui permet d'obtenir le badge ou son renouvellement, qui prend d'habitude 1 à 3 mois, explosent.

Pas de badge, pas de travail. C'est une situation kafkaïenne pour les salariés concernés : ils sont contraints d'attendre pendant toute la durée de l'enquête, sans pouvoir se rendre au travail. Une situation intenable : ils ne touchent pas leur salaire et n'ont pas le droit non plus au chômage car toujours sous contrat. Une quinzaine de salariés dans cette situation se sont signalés aux syndicats.

"Quatre mois sans revenus". Adil vient par exemple de passer quatre mois et demi à attendre son nouveau badge. Pour ce père de famille originaire du Sri Lanka, le manque à gagner s'élève à 10.000 euros. L'homme travaille à Roissy comme agent de piste depuis 18 ans et ne pratique aucune religion. Ni lui, ni son fils ne comprennent pourquoi l'enquête a été si longue. "Cela fait 4 mois, sans raison, sans justifier quoi que ce soit, (que je n'ai) plus de paiement, plus de revenus. Il faut payer le loyer, les charges pour les études des enfants. Toute la famille est affectée", explique le père de famille au micro d'Europe 1.

"C'est inacceptable de laisser une personne pendant quatre mois sans réponse. Ce n'est peut-être qu'un cas pour eux, mais ce cas-là, il a une famille et il n'est pas tout seul. On tourne en rond, on est piégé. Surtout que cela fait 18 ans, que son casier judiciaire est vierge", déplore son fils.

Les syndicats demandent un fonds de garantie. A Roissy, personne ne remet en cause le principe des enquêtes, indispensables dans le contexte actuel. Mais les organisations syndicales dénoncent ces dommages collatéraux alors que de solutions sont possibles, comme la création d'un fonds de garantie pour indemniser les employés pendant la durée des investigations.