Abus sexuels : une plainte contre le rectorat

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Abus sexuels : une plainte contre le rectorat
Trois fillettes de quatre ans, en moyenne section de maternelle, ont subi des agressions sexuelles.@ MAXPPP
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Les parents des élèves de maternelle victimes de pédophilie envisagent de porter plainte.  

C'est un sentiment de colère qui domine chez ces parents. Leurs fillettes de quatre ans et demi auraient été victimes d'un instituteur de moyenne section de maternelle, à l'école Chateaubriand de Créteil, dans le Val-de-Marne. Ce dernier a été mis en examen samedi après avoir reconnu les agressions sexuelles sur trois de ses élèves. Les parents, reçus au rectorat lundi, accusent l’Éducation nationale de n'avoir pas su gérer cette affaire. Luc Chatel a promis l'ouverture d'une enquête administrative. Il recevra les parents mardi. En attendant, l'avocat des parents a annoncé qu'il allait déposer une plainte contre le rectorat de Créteil pour "non-assistance à personne en péril".

Un "black out total"

Les parents dénoncent le manque de prise en charge et de communication dans ce dossier. "Vous décidez d'appeler le rectorat, on ne vous reçoit pas. Vous essayez de contacter la directrice d'école, et c'est le black out total. Vous êtes totalement seul", déplore ce père de famille, au micro d'Europe 1. Il était complètement désemparé lorsqu'il est ressorti des bureaux de la brigade des mineurs il y a dix jours. "Comment faut-il réagir ? Quelle va être la suite pour votre fille ? Quel comportement adopter ? J'attendais une réponse de la part de l’Éducation Nationale, des professionnels, qui sont censés encadrer ma fille, la protéger, mais la hiérarchie n'a même pas su écouter ou tendre une main", poursuit-il.

Faute de réponse de la part l'institution, il décide d'emmener sa fille chez un pédopsychiatre, sans attendre la psychologue scolaire dépêchée par l'Académie. Celle-ci n'arrivera que quatre jours plus tard.

Chatel promet une enquête

Il faudra également patienter dix jours avant qu'une réunion d'information ne soit organisée pour les parents d'élèves. Le rectorat a invoqué les besoins de discrétion justifiés par l'enquête, mais le ministre de l’Éducation, Luc Chatel est intervenu en personne pour demander au recteur de recevoir enfin les parents des victimes.

Quant à l'enseignant, suspendu de l’Éducation nationale, il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire depuis le 21 mars, selon les informations du Parisien, lundi.

Luc Chatel a visiblement pris les choses en matin lundi. "J'ai décidé ce matin de lancer une enquête administrative (...) J'ai besoin de savoir si, à tous les échelons (de l’Éducation nationale), il y a eu les réponses appropriées à la gravité de la situation. Vis-à-vis des parents, c'est important qu'on leur dise ce qui s'est passé", a-t-il déclaré. "On va examiner la procédure depuis que nous avons appris le drame : Que s'est-il passé concrètement dans l'école? Quelle a été la réponse apportée par nos autorités locales vis-à-vis des enfants, des familles, des enseignants ?", a-t-il ajouté, précisant que "l'inspection générale sera sollicitée".